Édition française
En continu
---Advertisement---

Santé

Manger bio permettrait de réduire le risque de cancer du sein post-ménopause

La France fait face à une offensive politique et associative pour réguler les aliments dits « ultra-transformés », alors que l'Organisation mondiale de la santé s'apprête à définir un cadre réglementaire d'ici la fin de l'année. Cette mobilisation,…

Le piège des produits d'apparence saine

La France fait face à une offensive politique et associative pour réguler les aliments dits « ultra-transformés », alors que l’Organisation mondiale de la santé s’apprête à définir un cadre réglementaire d’ici la fin de l’année. Cette mobilisation, portée par des pétitions et des propositions de loi, vise à protéger les consommateurs contre des produits industriels aux effets sanitaires préoccupants.

Le piège des produits d’apparence saine

L’illusion du « manger sain » est l’un des leviers les plus efficaces de l’industrie agroalimentaire. Des produits comme le lait d’amande grillée sans sucre d’Alpro, les carottes râpées au jus de citron de Carrefour ou le guacamole d’Atelier Blini sont présentés comme des choix vertueux. Pourtant, selon le média Bon Pote, ces articles cochent toutes les cases des aliments ultra-transformés.

Le piège des produits d'apparence saine
cluster (priority): rts.ch

Pour identifier ces produits, les chercheurs s’appuient sur le système de classification NOVA, élaboré en 2016 par un chercheur brésilien dont les travaux ont émergé dès 2009. Ce système répartit l’alimentation en quatre catégories distinctes :

  • Aliments bruts ou peu transformés : fruits, légumes, céréales.
  • Ingrédients culinaires : beurre, huiles, sucre, sel.
  • Aliments transformés : pain, fromage, légumes en conserve.
  • Aliments ultra-transformés (AUT) : produits issus de processus industriels complexes (extrusion, hydrogénation, fractionnement) et saturés d’additifs.

L’absence de logo officiel pour signaler ces AUT laisse aujourd’hui le consommateur seul face à des étiquettes illisibles, rendant la vigilance quasi impossible sans une expertise en nutrition.

Fibres et Nutriscore : les nouvelles stratégies de l’industrie

L’ingéniosité industrielle ne s’arrête pas à la composition ; elle s’étend à la manipulation des scores de santé. Une enquête de Cash Investigation révèle que l’agro-industrie utilise désormais l’ajout de fibres dans des produits inattendus — sodas, bonbons, brioches, glaces et même viande — pour atteindre deux objectifs simultanés.

Fibres et Nutriscore : les nouvelles stratégies de l'industrie
cluster (priority): LeBlogTVNews

D’une part, ces fibres permettent de réduire les coûts de production, notamment lorsqu’elles sont mélangées à de l’eau et de la viande. D’autre part, elles servent de levier pour améliorer artificiellement la note Nutriscore d’un produit, masquant ainsi sa nature ultra-transformée derrière un argument santé marketing.

Le poids des additifs et le risque cancérogène

Le volume de substances chimiques ingérées par les populations est alarmant. En Europe, 338 additifs sont autorisés. Selon l’UFC, les Français en consommeraient près de 4 kg par personne et par an.

👨‍⚕️ Manger bio pour réduire les risques de cancer ? Dr Cohen en direct🔴

Parmi ces substances, les émulsifiants sont particulièrement omniprésents. Utilisés pour rendre les textures plus onctueuses ou moelleuses, on les retrouve dans les viennoiseries, les desserts lactés et même la volaille. Cependant, le coût sanitaire est réel : une étude de l’Inserm associe ces additifs à un risque accru de cancer du sein ainsi qu’à diverses maladies chroniques.

La complexité du repérage de ces substances, souvent identifiées par un code « E » suivi d’un chiffre, rend la lecture des étiquettes opaque. Face à cela, les experts interrogés par la RTS, dont une diététicienne du CHUV et une responsable de la FRC, soulignent la difficulté pour le citoyen moyen de démêler le vrai du faux concernant la nécessité réelle de ces additifs.

Un bras de fer politique contre le lobbying agroalimentaire

L’émergence du concept d’« aliment ultra-transformé » a déclenché une réaction défensive massive de la part des lobbies industriels. Ces derniers déploient des tactiques visant à semer le doute sur les publications scientifiques mettant en évidence la nocivité des AUT.

Un bras de fer politique contre le lobbying agroalimentaire
cluster (priority): Bon Pote

L’objectif est clair : faire disparaître le terme « aliment ultra-transformé » des politiques de santé publique en France pour éviter toute réglementation contraignante. Malgré cette pression, la mobilisation s’intensifie sur plusieurs fronts :

  • Front politique : Des propositions de lois ont été déposées par La France insoumise, Les Républicains et les Écologistes.
  • Front militant : Lancement de la pétition « Stop aux aliments ultra-transformés » par Yuka, Foodwatch et France Assos Santé.
  • Front international : L’OMS travaille sur un cadre de régulation qui devrait voir le jour prochainement.

L’enjeu dépasse la simple lecture d’étiquette ; il s’agit d’un combat pour la transparence alimentaire et la santé publique. Alors que l’industrie tente de normaliser l’usage d’additifs et de fibres de remplissage, la pression réglementaire pourrait enfin forcer une mutation du modèle productiviste hérité de l’après-guerre.

Note : Cet article traite de politiques publiques et de recherches nutritionnelles. Pour tout changement de régime alimentaire ou question de santé, veuillez consulter un professionnel de santé qualifié.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.