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Banque du Canada maintient taux directeur à 2,25 % entre inflation et ralentissement

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 %. Le gouverneur Tiff Macklem justifie ce statu quo par un équilibre précaire entre une inflation poussée par les prix de l'énergie et un ralentissement économique marqué.…

Banque du Canada maintient taux directeur à 2,25 % entre inflation et ralentissement

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 %. Le gouverneur Tiff Macklem justifie ce statu quo par un équilibre précaire entre une inflation poussée par les prix de l’énergie et un ralentissement économique marqué.

Le dilemme entre inflation et ralentissement économique
L’équation actuelle pour la Banque du Canada est complexe. D’un côté, l’inflation annuelle a atteint 2,8 % en avril, portée par un choc énergétique mondial. La banque centrale s’attend à ce que l’inflation se maintienne autour de 3 % au cours des prochains mois avant de revenir vers l’objectif de 2 %.

De l’autre côté, l’économie canadienne montre des signes de fatigue. Le gouverneur Tiff Macklem a admis que la combinaison d’un ralentissement économique et d’une montée des prix pose un véritable dilemme pour la politique monétaire.

D’un côté, augmenter les taux pour freiner l’inflation risquerait d’affaiblir davantage l’économie. De l’autre, les baisser pour soutenir la croissance accentuerait le risque que l’inflation élevée devienne persistante.

Pour l’instant, le maintien du taux à 2,25 % permet d’équilibrer ces risques. La banque centrale surveille particulièrement l’inflation sous-jacente. Si les prix de l’énergie commencent à contaminer d’autres secteurs, Macklem a averti que des mesures pourraient être nécessaires pour empêcher que ces pressions ne s’ancrent.

L’impact des tensions géopolitiques sur les coûts énergétiques
Le facteur externe le plus volatil demeure la situation géopolitique. Le conflit au Moyen-Orient a provoqué une hausse des prix mondiaux du pétrole.

Cette tension est exacerbée par l’incertitude entourant le détroit d’Ormuz. Le risque pour le Canada est que ce choc pétrolier se transforme en inflation persistante. Si ce scénario se réalise, la Banque du Canada pourrait être forcée d’augmenter son taux directeur malgré la fragilité de la croissance nationale.

Indicateurs de récession et fragilité des ménages
Les chiffres du produit intérieur brut (PIB) alimentent les craintes. Le Canada a enregistré une baisse annualisée de 0,1 % au premier trimestre de l’année, faisant suite à une chute de 1,0 % au quatrième trimestre de 2025.

Toutefois, Tiff Macklem minimise cette lecture. Il attribue l’écart entre la croissance prévue de 1,5 % et la réalité à un recul inattendu des dépenses publiques, lesquelles sont souvent irrégulières d’un trimestre à l’autre.

M. Macklem souligne que, bien que l’économie soit faible, il ne dirait pas qu’elle est en récession. Il ajoute que, bien que l’économie et le marché du travail aient connu une certaine volatilité au cours de l’année écoulée, la tendance générale est celle d’une croissance atone, et non d’un déclin marqué.

L’incertitude commerciale avec les États-Unis ajoute une couche de risque. La banque centrale s’efforce de soutenir l’économie face à des vents contraires, comme l’agressivité commerciale des États-Unis.

C’est ici que le paradoxe devient total : le Canada pourrait devoir gérer ces pressions contradictoires, tout en devant potentiellement agir pour contrer l’inflation importée par le choc pétrolier.

Perspectives divergentes des analystes financiers
L’enjeu des prochains mois résidera dans la capacité de la Banque du Canada à lire la transmission des prix de l’énergie vers le reste de l’économie. Si Macklem parvient à maintenir le taux à 2,25 % sans que l’inflation ne s’ancre, le Canada pourrait éviter une correction brutale. Dans le cas contraire, le pays s’expose à un cycle de hausses de taux en pleine période de fragilité économique.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.