Le CHU Mohammed VI d’Agadir a introduit le traitement du cancer du foie par ablation par radiofréquence, une première pour cet établissement hospitalier. Cette technique mini-invasive détruit les cellules tumorales via l’application de chaleur, permettant ainsi aux patients de la région Souss-Massa d’accéder à des soins oncologiques spécialisés sans déplacement vers d’autres centres.
Le carcinome hépatocellulaire (CHC), la forme la plus courante de cancer primitif du foie, se développe souvent sur un terrain de cirrhose hépatique. La prise en charge de cette pathologie nécessite une approche multidisciplinaire où la radiologie interventionnelle joue un rôle pivot, notamment pour les patients dont l’état général ou la fonction hépatique ne permet pas une chirurgie lourde.
Le mécanisme technique de l’ablation par radiofréquence
L’ablation par radiofréquence consiste à insérer une électrode fine, semblable à une aiguille, directement dans la tumeur hépatique. Ce dispositif est guidé en temps réel par imagerie médicale, généralement l’échographie ou la tomodensitométrie (scanner), pour garantir la précision du positionnement. Une fois l’électrode en place, un courant électrique à haute fréquence est émis, générant une chaleur intense qui provoque la nécrose coagulative des cellules cancéreuses.

Cette procédure est réalisée par des médecins spécialisés en radiologie interventionnelle. L’utilisation de l’imagerie en temps réel est cruciale pour délimiter précisément la zone d’ablation et s’assurer que l’ensemble de la masse tumorale, ainsi qu’une marge de sécurité de tissu sain environnant, est traité pour minimiser le risque de récidive locale.
Ce procédé permet de détruire la masse tumorale tout en préservant la majeure partie du tissu hépatique sain environnant. Contrairement à une hépatectomie classique, l’intervention ne nécessite pas d’ouverture abdominale majeure, ce qui réduit les risques hémorragiques et accélère le temps de récupération post-opératoire.
L’impact sur l’offre de soins dans la région Souss-Massa
L’intégration de cette technologie au CHU Mohammed VI d’Agadir modifie le parcours de soins pour les patients du sud du Maroc. Auparavant, les patients nécessitant des interventions de radiologie interventionnelle complexe devaient souvent être transférés vers des centres hospitaliers universitaires situés à Casablanca ou Rabat.
L’accès local à la radiofréquence réduit les délais de prise en charge et allège la charge financière et logistique pour les familles. Cette évolution s’inscrit dans une stratégie de décentralisation des soins de santé spécialisés, visant à doter les structures régionales d’équipements de pointe pour limiter les disparités géographiques en matière d’oncologie.
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La disponibilité de ce plateau technique permet également une meilleure coordination entre les services de gastro-entérologie, d’oncologie et de radiologie du CHU. Cette synergie est essentielle pour optimiser le timing de l’intervention, car la rapidité de la prise en charge est un facteur déterminant dans le pronostic des cancers hépatiques précoces.
Critères d’éligibilité et limites de l’intervention
Le traitement par radiofréquence n’est pas systématiquement applicable à tous les types de cancers du foie. Il est principalement indiqué pour les carcinomes hépatocellulaires de petite taille, généralement inférieurs à 3 centimètres, ou pour les nodules isolés chez des patients dont l’état général ne permet pas une chirurgie lourde.
L’éligibilité dépend également de la fonction hépatique résiduelle du patient, souvent évaluée par le score de Child-Pugh. Ce score permet de classer la sévérité de la cirrhose et de déterminer si le foie peut supporter l’intervention sans risque de décompensation hépatique.
Les contre-indications incluent notamment la présence de tumeurs trop proches des gros vaisseaux sanguins, où la chaleur pourrait être dissipée par le flux sanguin (phénomène de "heat-sink"), rendant l’ablation incomplète. Ce refroidissement convectif peut laisser des cellules tumorales viables en périphérie de la zone traitée.
Pour les tumeurs plus volumineuses ou multiples, les équipes médicales peuvent combiner la radiofréquence avec d’autres thérapies, comme la chimioembolisation transartérielle (TACE), afin d’optimiser les chances de contrôle local de la maladie.
Suivi et évaluation post-opératoire
Après l’intervention, un protocole de suivi rigoureux est mis en place pour évaluer l’efficacité du traitement. Le succès de l’ablation est vérifié par imagerie contrastée, généralement via un scanner ou une IRM, quelques semaines après la procédure. L’objectif est de confirmer l’absence de rehaussement au sein de la zone traitée, ce qui indiquerait une nécrose complète de la tumeur.
Le patient fait ensuite l’objet d’une surveillance régulière pour détecter toute récidive locale ou l’apparition de nouveaux nodules. Cette surveillance permet d’intervenir rapidement, soit par une nouvelle session de radiofréquence, soit par d’autres modalités thérapeutiques, selon l’évolution de la pathologie.
L’information contenue dans cet article est fournie à titre informatif. Pour tout diagnostic ou choix de traitement, il est impératif de consulter un médecin ou un professionnel de santé qualifié.
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