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Change : le dirham se déprécie face au dollar, quasi-stable vis-à-vis de l’euro – Hespress Français

Le dirham s'est déprécié de 0,6 % face au dollar américain entre le 4 et le 10 juin 2026, selon Bank Al-Maghrib. Parallèlement, les avoirs de réserve officiels ont atteint 490,8 milliards de dirhams au 5 juin, marquant…

L'instabilité du dirham face au dollar et à l'euro

Le dirham s’est déprécié de 0,6 % face au dollar américain entre le 4 et le 10 juin 2026, selon Bank Al-Maghrib. Parallèlement, les avoirs de réserve officiels ont atteint 490,8 milliards de dirhams au 5 juin, marquant une hausse annuelle de 22,8 % malgré une légère baisse hebdomadaire de 0,1 %.

L’instabilité du dirham face au dollar et à l’euro

L'instabilité du dirham face au dollar et à l'euro
Photo: LeSiteinfo.com

La tendance hebdomadaire a montré une fragilité du dirham vis-à-vis de la devise américaine, alors qu’il est resté quasi stable face à l’euro. Selon Hespress, Bank Al-Maghrib (BAM) n’a réalisé aucune opération d’adjudication sur le marché des changes durant la période du 4 au 10 juin.

Cette dynamique s’explique par le régime de change du dirham, qui est ancré à un panier de devises composé à 60 % par l’euro et à 40 % par le dollar américain. Dans ce système, la valeur du dirham fluctue mécaniquement en fonction de la parité entre l’euro et le dollar : si le dollar se renforce globalement face à l’euro, le dirham tend à se déprécier face au billet vert, même en l’absence d’intervention directe de la banque centrale.

Toutefois, ce mouvement de dépréciation a connu un inversement rapide en fin de semaine. Médias24 a rapporté que le vendredi 12 juin, dès la première cotation centrale de 8h30, le dirham s’appréciait à nouveau face au dollar.

Pour illustrer l’état du marché, les cours de change fixés par la banque centrale pour la journée du 12 juin révèlent des écarts significatifs entre les prix d’achat et de vente.

Devise Achat Vente
1 Euro 10,2074 11,8626
1 Dollar USA 8,8291 10,2609
1 Livre Sterling 11,824 13,742
1 Franc Suisse 11,08 12,876
Cours de change du 12 juin 2026, source LeSiteinfo

L’injection de liquidités et les interventions de Bank Al-Maghrib

L'injection de liquidités et les interventions de Bank Al-Maghrib
Photo: Médias24

Pour stabiliser le système financier, la banque centrale a maintenu un rythme d’intervention soutenu. Entre le 4 et le 10 juin, les interventions quotidiennes moyennes de BAM ont atteint 155,4 milliards de dirhams (MMDH).

Cette enveloppe se fragmente en trois instruments principaux :

  • Avances à 7 jours : 55,4 MMDH.
  • Pensions livrées à plus long terme : 52,9 MMDH.
  • Prêts garantis : 47,1 MMDH.

Les avances à 7 jours constituent l’outil privilégié de BAM pour réguler la liquidité à court terme des banques commerciales. En injectant ces fonds, la banque centrale s’assure que les institutions financières disposent de suffisamment de cash pour honorer leurs engagements et éviter une hausse brutale des taux d’intérêt sur le marché monétaire.

La gestion de la liquidité s’est intensifiée le 10 juin avec un appel d’offres spécifique. La Banque Centrale a injecté 43,8 MMDH sous forme d’avances à 7 jours, avec une date de valeur fixée au 11 juin 2026. Sur le marché interbancaire, le volume quotidien moyen des échanges s’est stabilisé à 1,1 MMDH, avec un taux interbancaire s’établissant à 2,25 %. Ce taux est un indicateur clé de la tension sur la liquidité : un taux stable suggère que les interventions de BAM parviennent à compenser les besoins de financement des banques.

Le repli du MASI et l’effondrement du secteur minier

USD TO AED (us dollar to Emirati dirham) exchange rates today 30 April 2026🇺🇸🇦🇪

Le marché boursier a subi un coup dur durant la même période. L’indice MASI (Moroccan All Shares Index), qui regroupe les valeurs cotées à la Bourse de Casablanca, a reculé de 2,3 % entre le 4 et le 10 juin. Cette chute aggrave la contreperformance annuelle de l’indice, qui s’établit désormais à 3,7 % depuis le début de l’année.

L’analyse sectorielle montre que ce repli n’est pas uniforme. Le secteur des mines a été le principal moteur de cette baisse, avec un plongeon de 13,1 %. Cette chute a exercé une contribution négative de 1,7 point sur l’indice global. La sensibilité du secteur minier est étroitement liée à la volatilité des cours mondiaux des matières premières, notamment les phosphates, ressources stratégiques pour l’économie marocaine.

À l’inverse, certains secteurs ont montré une résilience relative :

  • Bâtiment et Matériaux de Construction : Appréciation de 1,2 %.
  • Autres secteurs : Quasi-stagnation.

Le volume hebdomadaire des échanges est demeuré stable à 1 MMDH, concentré majoritairement sur le marché central des actions, indiquant que malgré la baisse des cours, l’activité transactionnelle ne s’est pas tarie.

Analyse : Un équilibre fragile entre réserves et volatilité

La situation financière actuelle révèle un contraste frappant. D’un côté, Bank Al-Maghrib dispose d’une assise solide avec des avoirs de réserve en hausse de 22,8 % sur un an, atteignant 490,8 milliards de dirhams. Ces réserves sont cruciales car elles permettent à l’État de garantir le paiement des importations et de soutenir la valeur du dirham en cas de choc majeur.

De l’autre, la volatilité hebdomadaire du dirham face au dollar et la fragilité du MASI indiquent une sensibilité accrue aux chocs externes. Le fait que le dirham ait oscillé entre une dépréciation hebdomadaire et une appréciation ponctuelle le 12 juin suggère que le marché réagit nerveusement aux flux de devises et aux variations de la parité EUR/USD.

L’injection massive de liquidités (155,4 MMDH par jour en moyenne) montre que la banque centrale agit comme le principal stabilisateur pour éviter un assèchement du marché interbancaire, prévenant ainsi un risque systémique pour les banques commerciales.

Le crash du secteur minier (-13,1 %) est le point le plus préoccupant pour les investisseurs. Étant donné le poids stratégique des mines dans l’économie nationale, ce repli pourrait peser sur la confiance globale envers le MASI pour le reste du trimestre, malgré la légère progression du secteur du bâtiment. La capacité du marché boursier à rebondir dépendra largement de la stabilisation des cours des matières premières et de la perception des risques macroéconomiques globaux.

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Analyse : Un équilibre fragile entre réserves et volatilité
Photo: H24info

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.