L’Allemagne et les Pays-Bas restitueront près de 2 000 objets culturels pillés durant l’ère coloniale au Ghana. Cette annonce, faite par les autorités d’Accra lors d’une conférence sur la justice réparatrice tenue du 17 au 19 juin 2026, marque une avancée majeure vers la reconnaissance et la réparation des injustices historiques.
Restitution de 2 000 artefacts par l’Allemagne et les Pays-Bas

Émotions et mémoire lors de la première commémoration de Juneteenth
Parallèlement à ces avancées diplomatiques, le Ghana a accueilli la première commémoration de Juneteenth au pays. Cette cérémonie, organisée au château de Christiansborg à Accra, visait à honorer la fin de l’esclavage aux États-Unis, survenue le 19 juin 1865. Une reconstitution historique, mettant en scène des captifs sur le point d’être embarqués pour la traversée de l’Atlantique, a marqué les esprits des nombreux descendants d’esclaves présents. L’intensité de la cérémonie a suscité une vive émotion parmi les participants. Gaynel Diana Curry, présidente du Forum permanent des Nations unies sur les personnes d’ascendance africaine, a partagé son choc face à la mise en scène de cette tragédie.« Voir des bébés et des jeunes enfants (tenus dans les bras de mères enchaînées), c’était trop réaliste pour moi ».

« Et entendre les cris et les gémissements provenant des cachots (…), ça m’a vraiment bouleversée ».
Pour la professeure d’histoire jamaïcaine Verene Shepherd, cette représentation dépasse le simple cadre du spectacle pour toucher à l’identité profonde des participants.« Pour nous qui sommes les descendants, c’est notre souffrance qui est mise en scène ».
L’engagement du Danemark envers le patrimoine historique
Le volet diplomatique de la conférence a également été marqué par des gestes de reconnaissance de la part d’autres nations européennes. Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, a présenté des excuses officielles concernant le rôle joué par le Danemark dans le système de la traite transatlantique. Au-delà des paroles, le Danemark s’est engagé concrètement à soutenir la préservation des sites patrimoniaux ghanéens. Cet engagement cible particulièrement les forts et les châteaux qui ont servi de points de passage durant la traite négrière, assurant ainsi une protection physique des lieux de mémoire.La mise en œuvre de la résolution de l’ONU sur la justice réparatrice

- La mobilisation de ressources financières durables pour soutenir les initiatives de réparation.
- Le recours à la coopération internationale pour le transfert de compétences techniques.
- L’adoption d’approches de financement innovantes pour soutenir les efforts de justice.
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