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Il sagit d’imposer, non pas de quémander, la réparation des crimes commis par les colonialistes.

L'Allemagne et les Pays-Bas restitueront près de 2 000 objets culturels pillés durant l'ère coloniale au Ghana. Cette annonce, faite par les autorités d'Accra lors d'une conférence sur la justice réparatrice tenue du 17 au 19 juin 2026,…

Restitution de 2 000 artefacts par l'Allemagne et les Pays-Bas

L’Allemagne et les Pays-Bas restitueront près de 2 000 objets culturels pillés durant l’ère coloniale au Ghana. Cette annonce, faite par les autorités d’Accra lors d’une conférence sur la justice réparatrice tenue du 17 au 19 juin 2026, marque une avancée majeure vers la reconnaissance et la réparation des injustices historiques.

Restitution de 2 000 artefacts par l’Allemagne et les Pays-Bas

Restitution de 2 000 artefacts par l'Allemagne et les Pays-Bas
Le processus de restitution des biens culturels africains franchit une étape décisive. Selon l’initiative annoncée par les autorités d’Accra, l’Allemagne et les Pays-Bas se sont engagés à rendre près de 2 000 objets d’une importance culturelle et historique majeure pour le Ghana. Ces artefacts, prélevés durant la période coloniale, feront l’objet d’un retour officiel suite aux discussions menées lors de la récente Conférence sur la justice réparatrice. Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a précisé que les ambassadeurs de ces deux nations ont présenté un catalogue détaillé des œuvres à restituer au président ghanéen, John Dramani Mahama. Bien que le contenu spécifique de ce catalogue n’ait pas été divulgué, la portée de ce geste témoigne d’une volonté de transformer les relations diplomatiques entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest.

Émotions et mémoire lors de la première commémoration de Juneteenth

Parallèlement à ces avancées diplomatiques, le Ghana a accueilli la première commémoration de Juneteenth au pays. Cette cérémonie, organisée au château de Christiansborg à Accra, visait à honorer la fin de l’esclavage aux États-Unis, survenue le 19 juin 1865. Une reconstitution historique, mettant en scène des captifs sur le point d’être embarqués pour la traversée de l’Atlantique, a marqué les esprits des nombreux descendants d’esclaves présents. L’intensité de la cérémonie a suscité une vive émotion parmi les participants. Gaynel Diana Curry, présidente du Forum permanent des Nations unies sur les personnes d’ascendance africaine, a partagé son choc face à la mise en scène de cette tragédie.

« Voir des bébés et des jeunes enfants (tenus dans les bras de mères enchaînées), c’était trop réaliste pour moi ».

Émotions et mémoire lors de la première commémoration de Juneteenth

« Et entendre les cris et les gémissements provenant des cachots (…), ça m’a vraiment bouleversée ».

Pour la professeure d’histoire jamaïcaine Verene Shepherd, cette représentation dépasse le simple cadre du spectacle pour toucher à l’identité profonde des participants.

« Pour nous qui sommes les descendants, c’est notre souffrance qui est mise en scène ».

L’engagement du Danemark envers le patrimoine historique

Le volet diplomatique de la conférence a également été marqué par des gestes de reconnaissance de la part d’autres nations européennes. Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, a présenté des excuses officielles concernant le rôle joué par le Danemark dans le système de la traite transatlantique. Au-delà des paroles, le Danemark s’est engagé concrètement à soutenir la préservation des sites patrimoniaux ghanéens. Cet engagement cible particulièrement les forts et les châteaux qui ont servi de points de passage durant la traite négrière, assurant ainsi une protection physique des lieux de mémoire.

La mise en œuvre de la résolution de l’ONU sur la justice réparatrice

La mise en œuvre de la résolution de l'ONU sur la justice réparatrice
Photo: tv5monde
Cette conférence de trois jours s’inscrit dans une dynamique internationale impulsée par l’ONU. Une résolution historique, adoptée par 123 États membres, qualifie la traite transatlantique des esclaves de crime le plus grave contre l’humanité. Bien que cette résolution ne soit pas contraignante, elle appelle les nations impliquées à s’engager activement dans un processus de justice réparatrice. Le Ghana cherche désormais à traduire ces principes en engagements tangibles. Le ministre Samuel Okudzeto Ablakwa a souligné que la conférence a abouti à un document de dix pages contenant des décisions « de grande portée ». L’objectif est de passer d’un statut de « scène de crime » à celui de « sanctuaire de guérison et de justice réparatrice ». Pour garantir l’efficacité de ces mesures, le document final préconise :
  • La mobilisation de ressources financières durables pour soutenir les initiatives de réparation.
  • Le recours à la coopération internationale pour le transfert de compétences techniques.
  • L’adoption d’approches de financement innovantes pour soutenir les efforts de justice.
La Première ministre de la Barbade, Mia Mottley, présente lors des événements au château de Christiansborg, a décrit la scène de reconstitution comme étant ${« la réalité crue de l’oppression »}, affirmant que rien ne l’avait préparée à une telle intensité émotionnelle. Le président John Mahama a conclu en rendant hommage à la résilience des descendants d’esclaves, soulignant leur capacité de survie et leur force face à l’histoire. Pour les autorités ghanéennes, l’enjeu est clair : ${« Nous obtiendrons la justice réparatrice de notre vivant »}, a assuré le ministre Ablakwa.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.