Le Maroc a présenté, le 26 juin 2026 à Casablanca, une feuille de route pour un nouveau dispositif national d’alerte précoce face aux risques naturels. Ce programme, aligné sur l’initiative onusienne « EW4All », prévoit un investissement de 2 milliards de dirhams entre 2027 et 2029 pour moderniser la prévention et la diffusion des alertes.
Un budget de 2 milliards de dirhams pour 2027-2029
La consultation nationale sur l’alerte précoce a fixé un besoin de financement estimé à 2 milliards de dirhams pour la période 2027-2029. Selon Médias24, ce montant sera intégré aux budgets sectoriels et s’appuiera sur plusieurs leviers financiers, notamment le Fonds de lutte contre les effets des catastrophes naturelles (FLCN), le Fonds de solidarité contre les événements catastrophiques (FSEC) et le Fonds du service universel des télécommunications (FSUT). Le déploiement de ce dispositif ne reposera pas uniquement sur les fonds publics. Les recommandations préconisent le recours à des financements innovants, incluant des partenariats public-privé ainsi que l’appui de banques multilatérales de développement et de bailleurs internationaux spécialisés dans le climat. L’allocation des ressources suit une logique de priorité technique et communicationnelle :| Axe d’investissement | Part du budget |
|---|---|
| Détection, observation, surveillance et prévision des risques | 40 % |
| Diffusion des alertes et communication | 25 % |
La modernisation technique et la fin des silos de données

- La création d’un Centre national de prévision des crues.
- Le déploiement de capteurs intelligents sur l’ensemble du territoire.
- L’amélioration des modèles de prévision météorologique et hydrologique.
- La modernisation des stations maritimes et hydrologiques.
L’enjeu du dernier kilomètre et l’alerte mobile

Une gouvernance partagée entre la DGM et la DGRN
La mise en œuvre de cette stratégie sera pilotée par une coordination conjointe entre la Direction générale de la météorologie (DGM) et la Direction de la gestion des risques naturels (DGRN). Cette structure vise à assurer une cohérence entre la phase de prévision et la phase d’intervention. Le programme ne se limite pas à la technologie ; il intègre un volet social et éducatif pour construire une culture nationale de résilience. Cela passe par l’intégration progressive de la gestion des risques dans les programmes éducatifs et le lancement de campagnes de sensibilisation nationales. La consultation s’est clôturée par l’adoption de la Déclaration de Casablanca. Ce document engage les acteurs concernés à suivre la feuille de route 2027-2029 pour hisser le système marocain aux standards internationaux, conformément aux objectifs de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et du Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR), qui visent une couverture universelle des populations d’ici 2027. L’urgence de cette refonte est accentuée par le caractère brutal et soudain des catastrophes naturelles ayant frappé le pays ces dernières années, imposant une transition vers une gouvernance multi-acteurs où la préparation aux situations d’urgence devient institutionnalisée.Find more reporting in our Nouvelles section.
