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Création de sécurité : le crime progresse en Suisse

Entre 2022 et 2025, le nombre d'infractions au Code pénal enregistrées dans le canton de Genève a augmenté de 14,1%, passant de 43 838 à 50 020 cas, selon une étude publiée par la Fondation pour l’attractivité du…

Entre 2022 et 2025, le nombre d’infractions au Code pénal enregistrées dans le canton de Genève a augmenté de 14,1%, passant de 43 838 à 50 020 cas, selon une étude publiée par la Fondation pour l’attractivité du canton de Genève (FLAG). Dans le même temps, la population n’a progressé que de 3,7%. Rapportée à la population, la fréquence de la criminalité est ainsi passée de 86 à 94,2 infractions pour 1000 habitants, plaçant le canton au deuxième rang des plus exposés de Suisse derrière Bâle-Ville, d’après les données relayées par Blick.

Hausse de la criminalité et inquiétude des entreprises à Genève

Cette envolée est principalement tirée par les atteintes au patrimoine, qui représentent près des trois quarts des infractions recensées. Les vols, les cambriolages et les escroqueries progressent tous, tandis que les home-jackings sont passés de 11 cas en 2022 à 18 en 2025. Les violences graves ont quant à elles bondi de 21,4%, passant de 201 à 244 cas sur la période. Le nombre de viols recensés est également passé de 99 à 131, bien que l’étude invite à manier cette comparaison avec prudence en raison de la réforme du droit pénal sexuel entrée en vigueur en juillet 2024.

Un ressenti négatif marqué au sein des milieux économiques

Face à ces évolutions, le climat pèse sur le moral des milieux économiques. Dans le cadre de son enquête qualitative menée auprès de 88 dirigeantes et dirigeants d’entreprises représentant environ 30 000 emplois, la FLAG indique que 68,2% des répondants estiment que la situation sécuritaire s’est dégradée au cours des trois dernières années. Comme le souligne Karine Curti, directrice de la fondation, c’est un signal d’alarme qui doit être pris en considération.

Les chefs d’entreprise pointent notamment du doigt les incivilités, les dégradations de locaux, les agressions visant des collaboratrices et collaborateurs, ainsi que les home-jackings. Selon la directrice de la Fondation pour l’attractivité du canton de Genève, ces problématiques de sécurité s’ajoutent à d’autres difficultés déjà exprimées par les sociétés genevoises, telles que la fiscalité élevée en comparaison intercantonale, la mobilité contrainte et la crise du logement.

Densité policière élevée et paradoxe des taux d’élucidation

L’étude met par ailleurs en lumière un contraste marquant entre les effectifs des forces de l’ordre et les résultats en matière d’élucidation. Genève dispose d’environ un policier équivalent plein temps pour 350 habitants, ce qui représente le deuxième ratio le plus élevé de Suisse derrière le Tessin, alors que la moyenne nationale est d’un policier pour 477 habitants.

Malgré cette densité policière élevée, le canton affiche le taux d’élucidation le plus faible des grands cantons urbains pour identifier les auteurs d’atteintes au patrimoine, avec seulement 17,7%. À titre de comparaison, ce taux atteint 19,7% dans le canton de Vaud, 22,2% à Bâle-Ville et 25,8% à Zurich.

Recommandations formulées par la FLAG

Pour répondre à cette dégradation perçue et mesurée, la FLAG formule trois recommandations principales à destination des autorités :

  • Moderniser les moyens technologiques, en s’appuyant sur des exemples comme les bodycams, les lecteurs automatiques de plaques d’immatriculation (LAPI) et les systèmes de recherche automatisée de véhicules déjà utilisés ou testés dans d’autres cantons romands.
  • Renforcer la présence visible des forces de l’ordre sur le terrain.
  • Mieux articuler la prévention, la répression et l’accompagnement des victimes.

Les résultats de cette étude ont été transmis au Conseil d’État ainsi qu’au Département des institutions et du numérique.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.