L’évolution d’un superbug hospitalier, résistant à plusieurs antibiotiques, a été documentée comme ayant connu des vagues de résistance, atteignant un pic dans les années 2000, selon une analyse de données publiées en 2024 par le Centre européen pour le contrôle et la prévention des maladies (ECDC).
Chronologie de la montée des souches de VRE
Une résistance insidieuse et progressive
Le superbug en question, identifié comme une souche de Enterococcus faecium résistante à la vancomycine (VRE), a été observé dans des hôpitaux européens depuis les années 1980, mais son taux de résistance a connu des augmentations marquées en 1995, 2002 et 2005, selon un rapport de l’ECDC daté de 2024. Les données montrent que les taux de VRE ont grimpé de 5 % à 25 % dans les unités de soins intensifs entre 1995 et 2005, avant de se stabiliser. « Ces vagues de résistance reflètent des changements dans l’utilisation des antibiotiques et des pratiques hospitalières », a déclaré un porte-parole de l’ECDC.

Impact de l’usage des glycopeptides sur les bactéries
Facteurs d’accélération de la résistance
Les chercheurs ont identifié plusieurs facteurs associés à l’essor de la résistance. Une étude publiée dans The Lancet Infectious Diseases en 2023 souligne que l’usage intensif de glycopeptides, notamment la vancomycine, a favorisé l’émergence de souches résistantes. « Les hôpitaux ont augmenté leur consommation de ces antibiotiques pour traiter des infections résistantes, ce qui a accéléré l’évolution de bactéries capables de contourner ces traitements », explique le Dr. Maria Alvarez, microbiologiste à l’Université de Londres.

Propagation nosocomiale et protocoles sanitaires
Réseaux de transmission et mesures de contrôle
L’ECDC a également analysé les réseaux de transmission de VRE, révélant que les patients hospitalisés prolongés et les soins intensifs étaient des foyers de propagation. « La contamination croisée entre patients, via les mains des soignants ou les équipements, a joué un rôle clé », a précisé un responsable du centre. Pour atténuer la menace, des protocoles de désinfection renforcés et une surveillance accrue des souches résistantes ont été mis en place dès 2006, selon un document interne de l’OMS.
Disparités mondiales et nécessité de nouvelles thérapies
Évolution actuelle et défis persistants
Bien que les taux de VRE aient diminué depuis le milieu des années 2000, des cas résistants persistent, notamment dans les pays à faible revenu. Une analyse de 2025 par l’OMS indique que 12 % des infections nosocomiales dans certains hôpitaux d’Asie du Sud-Est sont encore liées à des souches de Enterococcus faecium résistantes. « L’absence de nouveaux antibiotiques efficaces et la surutilisation des traitements existants restent des défis majeurs », a souligné le Dr. Kenji Tanaka, spécialiste des maladies infectieuses au Japon.
Perspectives futures
Les scientifiques recommandent une approche multidimensionnelle pour limiter l’émergence de superbugs. Cela inclut le développement de thérapies alternatives, comme les phages bactériens, et une régulation plus stricte de l’usage des antibiotiques. « Sans actions coordonnées, les vagues de résistance pourraient se répéter », a averti le Dr. Alvarez. Les prochaines années seront déterminantes pour évaluer l’efficacité de ces mesures.
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