L’augmentation des émissions de Google liée à l’IA

Google a admis une hausse de 48 % de ses émissions totales de gaz à effet de serre entre 2019 et 2023. Le rapport environnemental 2024 de l’entreprise attribue cette progression à l’augmentation de la demande énergétique pour soutenir ses infrastructures d’IA et à l’achat d’énergie provenant de sources fossiles pour alimenter ses centres de données.
L’entreprise avait initialement visé une réduction de ses émissions, mais la course à l’IA générative a modifié la trajectoire. Le déploiement de modèles de langage à grande échelle nécessite des processeurs plus puissants et un refroidissement intensif, augmentant ainsi l’empreinte carbone opérationnelle.
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L’augmentation des émissions est due à l’augmentation de notre consommation d’énergie et à l’utilisation d’énergies moins propres pour répondre à la demande.
Google, Rapport environnemental 2024
Les difficultés d’Amazon et d’AWS pour atteindre le « Climate Pledge »

Amazon fait face à des défis similaires, principalement via sa filiale Amazon Web Services (AWS). Bien que le groupe ait lancé le « Climate Pledge » pour atteindre le zéro carbone d’ici 2040, l’expansion rapide des centres de données pour l’IA pèse sur ce bilan.
Les rapports de durabilité d’Amazon indiquent que si l’entreprise investit massivement dans les énergies renouvelables, la vitesse de construction des centres de données dépasse souvent la capacité du réseau électrique local à fournir de l’énergie décarbonée. Cette disparité force l’utilisation de sources d’énergie conventionnelles pour éviter les interruptions de service.
L’impact ne se limite pas à l’électricité. La fabrication des puces spécialisées et la construction des infrastructures physiques (béton, acier) ajoutent des émissions indirectes, comptabilisées dans le « Scope 3 », que les deux géants peinent à réduire.
Le coût énergétique des puces Nvidia et du refroidissement
La hausse des émissions s’explique techniquement par la transition vers des GPU (unités de traitement graphique) haute performance, comme les modèles H100 et B200 de Nvidia. Ces composants consomment beaucoup plus d’électricité par rack que les serveurs traditionnels.
L’infrastructure thermique est le second point critique. L’IA génère une chaleur intense, rendant le refroidissement par air insuffisant. Le passage au refroidissement liquide, bien que plus efficace, demande des installations industrielles lourdes et une consommation d’eau massive, ajoutant une pression environnementale supplémentaire.
Selon les analyses techniques, l’entraînement d’un seul grand modèle de langage peut consommer autant d’énergie que plusieurs centaines de foyers américains sur une année. Une fois le modèle déployé, chaque requête utilisateur consomme plus d’énergie qu’une simple recherche Google traditionnelle.
Un paradoxe entre ambition climatique et course technologique
Google et Amazon soutiennent que l’IA peut aider à résoudre la crise climatique en optimisant les réseaux électriques ou en découvrant de nouveaux matériaux pour les batteries. Cependant, les données actuelles montrent que le coût immédiat en carbone dépasse les gains théoriques.
Les deux entreprises ont intensé leurs investissements dans le nucléaire, notamment le petit réacteur modulaire (SMR), pour sécuriser une énergie stable et décarbonée. Amazon a récemment acquis des centres de données alimentés par des réacteurs nucléaires pour limiter son impact.
Le risque pour ces entreprises est un décalage croissant entre leurs promesses publiques de durabilité et la réalité technique de l’IA. Les régulateurs, notamment en Europe avec les normes de reporting CSRD, exigent désormais une transparence accrue sur ces émissions, rendant les approximations impossibles.
L’incertitude demeure sur la capacité des énergies renouvelables à absorber la croissance exponentielle de la demande. Si l’efficacité énergétique des puces ne progresse pas plus vite que la taille des modèles d’IA, les objectifs de 2030 pourraient devenir mathématiquement inatteignables.
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