Le prix du pétrole a bondi de plus de 9 % lundi après que le président Donald Trump a annoncé sur les réseaux sociaux la reprise du blocus de l’Iran et l’instauration d’une rémunération pour la sécurisation du détroit d’Ormuz.
Impact sur les marchés et l’énergie
Le pétrole brut international Brent a grimpé de 9,6 % pour atteindre 83,30 dollars le baril, marquant son plus fort bond quotidien depuis mai 2020. Le brut américain a quant à lui clôturé en hausse de 9,4 %, s’établissant à 78,14 dollars le baril. Ces deux références ont atteint leurs niveaux les plus élevés depuis le 15 juin.

Cette envolée a stoppé la baisse des prix de l’essence aux États-Unis. Patrick De Haan, analyste chez GasBuddy, prévoit que le prix moyen national pourrait atteindre 4 dollars le gallon dans les 7 à 10 prochains jours.
Les marchés financiers ont également réagi négativement : le S&P 500 a reculé de 0,8 %, le Dow Jones a perdu 138 points et le Nasdaq a chuté de 1,6 %.
Le nouveau rôle de « Gardien du détroit d’Ormuz »
Le président Trump a déclaré que les États-Unis seraient désormais connus comme « LE GARDIEN DU DÉTROIT D’ORMUZ ». Pour assurer la sécurité de cette zone volatile, il a annoncé que les États-Unis seraient remboursés à un taux de 20 % sur toutes les cargaisons expédiées.

L’Organisation maritime internationale (OMI) a rejeté cette initiative. Le secrétaire général de l’OMI, Arsenio Dominguez, a affirmé qu’il n’existe « aucune base légale » pour introduire des péages obligatoires pour le transit d’un détroit. À l’inverse, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que le président américain avait « absolument raison », tout en estimant que le taux de 20 % était « trop élevé ».
Reprise du blocus et tensions régionales
Le Commandement central des États-Unis a précisé que le blocus contre les navires se rendant vers des ports ou des zones côtières iraniennes, ou en provenance de ceux-ci, débuterait mardi à 16h00 (heure de l’Est). L’armée américaine a toutefois assuré continuer de soutenir le flux de trafic pour tous les navires ne violant pas ce blocus.
Cette escalade fait suite à des frappes américaines sur des cibles en Iran, menées en représailles après que l’armée iranienne a frappé plusieurs navires commerciaux avec des projectiles et des drones, notamment dimanche soir.
Selon les données de MarineTraffic par Kpler, le trafic dans le détroit d’Ormuz — voie cruciale par laquelle passaient auparavant 20 % des approvisionnements énergétiques mondiaux — avait déjà chuté de 52 % sur une semaine avant l’annonce de lundi. Ben Stone, responsable de l’assurance corps de navire chez Aon, a indiqué que le marché des assurances maritimes restait prudent, soulignant que la question cruciale est de savoir si le trafic commercial pourra continuer à circuler en sécurité sur une période prolongée.
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