Des vacanciers belges en Tunisie décrivent des situations critiques liées aux coupures d’électricité, notamment pour les personnes dépendantes de dispositifs médicaux.
Des vacanciers belges en danger à cause des coupures d’électricité
Isabelle, une Belge en vacances sur l’île de Djerba, a déclaré : « Nous vivons un cauchemar. Plus de courant, plus d’eau, avec 40 degrés. Nous ne savons même plus nous servir de notre appareil respiratoire la nuit et sans ça, nous risquons un arrêt cardiaque. » Jean-François, autre voyageur, a raconté que son fils diabétique de type 1 devait conserver son insuline au réfrigérateur, un dispositif rendu inopérant par les coupures répétées. Les pannes, qui durent parfois plusieurs heures, affectent non seulement les touristes, mais aussi les habitants, qui ont appris à suivre les alertes de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg).
La canicule pousse le réseau électrique à sa limite
La Tunisie fait face à une vague de chaleur, avec 47 °C à Tunis et 49 °C à Kairouan, poussant la consommation électrique à un niveau historique de 6 000 mégawatts. La Steg a mis en place des « délestages » pour éviter un black-out généralisé, privant des zones du pays d’électricité pendant une, trois ou six heures, voire plus longtemps. Ces interruptions ont entraîné des pannes d’eau potable, car la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) dépend de pompes électriques. Des entreprises, comme une usine de la banlieue sud de Tunis, ont subi des arrêts de travail, tandis que des particuliers, comme un boucher, déclarent que leurs équipements sont endommagés par les variations de tension.
Des investigations judiciaires ouvertes sur les coupures d’électricité
Les parquets de plusieurs Tribunaux de la République, notamment ceux de Tunis, Tunis 2, Nabeul, Sfax et Bizerte, ont ordonné l’ouverture d’informations judiciaires afin de déterminer les circonstances ayant entouré les coupures répétées d’électricité. Les procureurs de la République ont ordonné l’audition des cadres concernés.
Les conséquences sanitaires et sociales
L’hôpital Abderrahmen Mami, spécialisé dans les maladies respiratoires, a fait état d’un afflux de patients souffrant d’insuffisance respiratoire chronique. Des citoyens tunisiens, comme une employée d’une pâtisserie à Tunis, décrivent la situation comme « l’enfer », avec des gâteaux qui s’étiolent dans une boutique plongée dans la pénombre. Les pannes ont également poussé certains à éviter les ascenseurs, craignant d’y être coincés.
Un appel à une meilleure gestion de l’électricité
La Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) dépend de près de 1 500 stations de pompage électriques et de quelque 1 200 puits profonds alimentés par le réseau, qui cessent de fonctionner lors des coupures. L’organisation patronale Conect déplore le manque de précision des annonces de la Steg, ce qui empêche selon elle les entreprises de se préparer.

Pour aller plus loin
