Le gouvernement du Guyana a annoncé le samedi 6 septembre 2026 un accord conclu avec les États-Unis pour accueillir un nombre limité et vérifié de migrants expulsés. Cet arrangement transitoire, signé le 25 novembre 2025 selon le suivi spécialisé Third Country Deportation Watch et rendu public en mars 2026, ne constitue pas une réinstallation permanente sur le territoire de ce pays d’Amérique du Sud. Le Guyana rejoint ainsi la liste croissante de pays des Caraïbes, d’Amérique centrale et d’autres régions qui ont accepté de coopérer avec Washington dans le cadre de l’expulsion de migrants.
Les conditions strictes de l’accord migratoire entre Georgetown et Washington
L’administration du président Irfaan Ali a encadré cet accord de garanties précises. Le Guyana n’acceptera « que » les personnes ayant choisi d’être envoyées sur son territoire de leur plein gré, selon le communiqué officiel publié par le gouvernement. Le pacte exclut formellement les individus ayant des antécédents criminels, le pays déclarant qu’il accueillerait un nombre limité de personnes sans casier judiciaire.
Le gouvernement a présenté cet arrangement comme une continuité diplomatique majeure. Les autorités l’ont qualifié comme « une extension de l’engagement de longue date du Guyana en faveur des droits humains et de la coopération internationale », d’après les précisions rapportées par l’agence AFP.
Un statut strictement transitoire et des destinations incertaines
Les personnes déportées ne s’installeront pas durablement en Amérique du Sud. Le texte officiel insiste sur le fait que le pacte « est strictement transitoire et ne constitue pas une réinstallation permanente » (ou « un réaménagement permanent » selon les versions du texte), garantissant que les déportés resteront dans le pays sous des conditions spécifiques tant que leur situation migratoire n’est pas résolue et le temps que leur statut migratoire soit déterminé.
Concernant l’avenir de ces ressortissants de pays tiers, les autorités ont clarifié les perspectives à travers une formule précise : « En fonction de la décision prise pour chaque cas, les migrants pourront retourner dans leur pays d’origine ou être réinstallés dans un pays tiers de leur choix » (ou « selon la résolution de chaque cas individuel, les migrants pourront retourner dans leur pays d’origine ou être réinstallés dans une troisième destination de leur choix »).
Des discussions de longue date et une intégration régionale diversifiée
Ces pourparlers diplomatiques ne datent pas de l’annonce de septembre 2026. Le ministre des Affaires étrangères du Guyana, Robert Persaud, avait confirmé au début de janvier 2026 que les deux nations menaient des « conversations productives » sur un cadre pour accepter les ressortissants de pays tiers déportés des États-Unis. L’agence AFP a rapporté que le pays est ainsi devenu le dernier pays sud-américain à rejoindre le réseau d’accords migratoires initié par l’administration Trump.

Le Guyana rejoint un réseau d’accords géopolitiques impulsé par la campagne anti-immigration menée par Donald Trump — caractérisée par des rafles, des expulsions vers des pays tiers et des déportations massives — depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025. Selon Amnesty International, la Guyane est l’un des au moins 15 pays des Amériques qui ont des accords ou des arrangements similaires avec les États-Unis pour accueillir des personnes expulsées de pays tiers. D’autres nations ont emboîté le pas dans le cadre de ces accords de déportation entre les États-Unis et des pays tiers qui continuent de s’élargir :

- Le Salvador a reçu quelque 250 Vénézuéliens dans une méga-prison pour membres de gangs, le Centre de confinement du terrorisme (Cecot).
- Le Liberia a reçu en août 2026 le premier vol de déportés dans le cadre d’un accord qui prévoit jusqu’à 1 200 migrants en 12 mois, un groupe qui comprenait des Cubains parmi les premiers déportés au Liberia.
- L’Eswatini a signé un pacte pour accepter jusqu’à 160 déportés en échange de 5,1 millions de dollars en aide financière.
Cette signature s’inscrit dans un agenda bilatéral élargi entre Georgetown et les États-Unis. En août 2026, les deux gouvernements ont signé un mémorandum d’entente pour renforcer la coopération en matière de sécurité contre le narcotrafic, ce qui reflète une agenda commun plus large. Parallèlement, le Guyana gère une présence significative de migrants cubains : en février 2026, les autorités guyaniennes sont intervenues dans un bâtiment à Georgetown où se trouvaient 77 Cubains, et le président Ali a envoyé un message aux Cubains résidant en Guyane les exhortant à travailler uniquement par des voies légales et dans les mêmes conditions que les travailleurs guyanais.