Un arrêt de travail pourrait survenir dès le 2 août à 0 h 01 (heure normale des Rocheuses) chez WestJet, suite à l’émission d’un avis de grève par le personnel de cabine et d’un avis de lock-out en réponse par la direction de l’entreprise. Ce conflit oppose la compagnie aérienne basée à Calgary au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente entre 4 400 et 4 700 agents de bord.
Une escalade rapide vers le conflit
Le déclenchement de cette situation fait suite à un vote tenu à la mi-juillet, où les agents de bord se sont prononcés à 99 % en faveur d’un mandat de grève pour accélérer la négociation de leur convention collective. Le syndicat a officiellement soumis son avis de grève de 72 heures au cours de la nuit de mercredi à jeudi, affirmant que les positions des deux parties demeurent trop éloignées sur plusieurs enjeux clés. Le SCFP a précisé via Facebook que cet avis ne signifie pas la fin des négociations et que les discussions se poursuivront pour tenter de parvenir à une entente équitable.
De son côté, WestJet a réagi rapidement en émettant un avis de lock-out. Alexis von Hoensbroech, chef de la direction du groupe WestJet, a déclaré que cette décision n’a pas été prise à la légère et qu’elle vise à assurer l’intégrité du réseau tout en minimisant les risques d’immobilisation des avions, des équipages et des passagers. Il a souligné que l’entreprise continue de travailler sans relâche à la table de négociation pour trouver une solution durable.
Les enjeux financiers et le travail au sol
L’un des points de friction majeurs concerne la rémunération du travail effectué au sol. Cette problématique rappelle un conflit similaire survenu moins d’un an auparavant chez Air Canada, qui avait entraîné un arrêt de travail de 10 000 agents de bord.
Pour exprimer leur mécontentement, des employés ont manifesté avec des pancartes indiquant notamment que le travail non rémunéré ne décollera pas
et se disant frustrés par WestJet
.
Impacts sur les voyageurs et opérations
WestJet a mis en place des mesures pour gérer les répercussions potentielles sur ses clients. Les passagers ayant réservé un voyage entre le 30 juillet et le 4 août 2026 peuvent modifier leur réservation une seule fois ou l’annuler sans frais. En cas de retard ou d’annulation, la compagnie s’engage à rembourser ou à réacheminer les invités touchés. Les clients ayant réservé via un agent ou une agence en ligne doivent contacter ces tiers, tandis que ceux ayant réservé directement seront avisés par courriel.

Certains services ne seront pas affectés par une éventuelle grève :
- Les vols du service régional WestJet Encore.
- Les vols en partage de code opérés par des partenaires, comme Delta Air Lines.
Plan de réduction progressive des activités
Une entente de réduction progressive a été conclue entre la direction et le syndicat pour organiser le retour du personnel en cas de lock-out ou de grève. Selon ce plan :
- Le personnel navigant commercial en vol au moment du début de l’action syndicale doit mener son vol jusqu’à la destination prévue.
- Certains membres pourraient devoir effectuer des vols supplémentaires ou des vols à vide pour ramener les avions et les passagers vers des aéroports canadiens.
- Si un retour immédiat à la base est impossible, WestJet offrira soit un hébergement à l’hôtel pour un maximum de sept jours (ou jusqu’à la fin du conflit), soit un transport vers une autre ville canadienne selon les places disponibles.

Le syndicat a précisé que les règles de rémunération et d’horaire de la convention collective actuelle continueront de s’appliquer durant cette phase de cessation progressive des activités.
Pour aller plus loin
