L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit que la consommation électrique mondiale des centres de données passera de 460 TWh en 2024 à plus de 1 000 TWh d’ici 2030. Cette progression, portée par l’essor de l’intelligence artificielle, représente plus qu’un doublement de la demande énergétique du secteur en six ans.
L’infrastructure physique qui soutient l’intelligence artificielle change d’échelle. Selon les analyses de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande d’électricité pour alimenter les centres de données devrait atteindre 1 300 TWh d’ici 2035 dans son scénario de référence, marquant une accélération nette par rapport aux tendances historiques du secteur.
Une projection à 1 000 TWh pour 2030
La trajectoire est claire : la consommation électrique des centres de données, établie à 460 TWh en 2024, devrait franchir la barre des 1 000 TWh d’ici 2030. L’AIE identifie l’intelligence artificielle comme le moteur principal de ce bond. Contrairement aux recherches classiques sur le web, l’entraînement et le déploiement des modèles d’IA exigent une densité de calcul et une puissance électrique nettement supérieures.
Cette hausse s’accompagne d’un déploiement massif de capitaux. L’AIE rapporte que les dépenses d’investissement des plus grandes entreprises technologiques ont dépassé les 400 milliards de dollars en 2025. Ces investissements devraient encore bondir de 75 % en 2026. À titre de comparaison, le volume financier mobilisé par seulement cinq entreprises technologiques surpasse désormais l’investissement mondial total dans la production de pétrole et de gaz naturel.
Le mix énergétique face à la demande
L’augmentation de la charge électrique pose un défi immédiat pour la décarbonation. L’AIE précise que, sur les cinq prochaines années, les énergies renouvelables devraient répondre à près de la moitié de la demande additionnelle. Cependant, le reste sera comblé par des sources plus carbonées.
- Charbon : Il reste la source d’électricité principale avec une part d’environ 30 %, bien que ce chiffre varie selon les régions.
- Gaz naturel : Il constitue l’une des alternatives majeures pour stabiliser l’approvisionnement.
- Nucléaire : L’AIE prévoit que cette énergie jouera un rôle de plus en plus important vers la fin de la décennie et au-delà.
L’agence souligne que cette dépendance persistante aux énergies fossiles pour soutenir la croissance de l’IA pourrait accentuer les émissions de CO2 et fragiliser la sécurité énergétique de certaines juridictions où les projets de centres de données s’accélèrent brutalement.
L’IA comme solution et problème
Si l’IA est le catalyseur de cette consommation record, elle est également présentée par l’AIE comme un outil potentiel pour transformer le secteur énergétique. L’agence indique que l’IA pourrait permettre de réduire les coûts, d’améliorer la compétitivité et d’optimiser la gestion des réseaux électriques pour mieux intégrer les énergies intermittentes.
Toutefois, le paradoxe demeure : la capacité de l’IA à optimiser l’énergie dépend d’une infrastructure dont la voracité électrique menace, à court terme, les objectifs climatiques. Le déploiement rapide des centres de données — facilities regroupant serveurs, systèmes de stockage et équipements réseau — crée une pression sans précédent sur les réseaux de distribution nationaux.
L’incertitude plane désormais sur la capacité réelle des États à absorber ce surplus de demande sans revenir à des sources d’énergie obsolètes, alors que le pipeline de projets s’accélère dans de nombreuses régions du monde.
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