Le gouvernement sénégalais vise un déficit budgétaire de 3 % du PIB en 2029, conformément aux critères de l’UEMOA, selon le Document de Programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2027-2029. Cette trajectoire, détaillée dans plusieurs sources, prévoit une réduction progressive du déficit, passant de 6,4 % en 2025 à 3 % en 2029, tout en renforçant les recettes fiscales et en rationalisant les dépenses publiques.
Une trajectoire de réduction du déficit
Le Sénégal a fixé comme objectif un déficit budgétaire de 3 % du PIB d’ici 2029, conformément aux normes de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Ce seuil, inscrit dans le Document de Programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2027-2029, représente une réduction progressive par rapport aux niveaux précédents. En 2025, le déficit a été contenu à 6,4 % du PIB, contre 7,8 % initialement prévu, selon le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, cité par APS.
Le plan prévoit une baisse progressive du déficit, passant de 4,9 % en 2027, à 3,8 % en 2028, puis à 3 % en 2029. Cette trajectoire repose sur une meilleure mobilisation des ressources internes, une rationalisation des dépenses publiques et une maîtrise accrue de l’endettement, comme le précise le Document de Programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP). Les recettes fiscales devraient progresser de 6,1 % annuellement, atteignant 17 654,8 milliards FCFA en 2029, tandis que les dépenses courantes diminueront de 159 milliards FCFA sur la période.
Réforme fiscale et augmentation des recettes
Pour atteindre cet objectif, le gouvernement sénégalais prévoit une vaste réforme fiscale. L’élargissement de l’assiette fiscale, la modernisation des procédures et l’augmentation de la pression fiscale à 20 % du PIB, conformément aux critères de l’UEMOA, figurent parmi les mesures clés. « Cet ajustement repose sur une logique claire : rationaliser ce qui ne transforme pas, investir dans ce qui transforme », indique le Seneplus.
Les recettes fiscales devraient atteindre 18 286 milliards FCFA entre 2027 et 2029, avec une progression annuelle de 6,1 %, passant de 5 527 milliards en 2027 à 6 224,2 milliards en 2029. Les ressources extérieures, quant à elles, sont estimées à 631,2 milliards FCFA. Parallèlement, les dépenses d’investissement devraient augmenter de 509,7 milliards FCFA, orientées vers des projets à fort impact économique et social, selon Leral.
Rôle de la Banque africaine de développement
La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un financement de 20 milliards de francs CFA (environ 35 millions de dollars) pour soutenir les réformes des finances publiques sénégalaises. Cet appui vise à améliorer la collecte des recettes de l’État, renforcer la transparence et moderniser la gestion budgétaire, selon senego.com.
Cette initiative intervient dans un contexte de crise de la dette, où le Sénégal cherche à conclure un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI). Le déficit budgétaire, qui a atteint 1 160,3 milliards FCFA en 2029, doit être réduit tout en maintenant les investissements stratégiques, comme le souligne le ministre Cheikh Diba. « Ce déficit sera justifié exclusivement par les dépenses d’investissement », affirme-t-il, selon APS.
Dépenses et recettes : un équilibre à trouver
Le DPBEP prévoit des dépenses totales de 22 133 milliards FCFA sur la période 2027-2029, avec des recettes de 19 228 milliards FCFA. Les dépenses d’investissement, qui devraient atteindre 7 840,2 milliards FCFA, représenteront une part croissante du budget, tandis que les dépenses courantes diminueront de 159 milliards FCFA, grâce à la maîtrise des salaires et des subventions, selon Seneplus.

Les intérêts sur la dette publique, quant à eux, devraient reculer de 242,5 milliards FCFA entre 2027 et 2029, passant de 1 303,9 milliards à 1 061,4 milliards. Les charges globales sont projetées à 22 132,7 milliards FCFA, avec des ressources attendues à 6 082,1 milliards FCFA, selon le Seneplus.
Un équilibre entre rigueur et investissements
Le gouvernement sénégalais s’efforce de concilier la réduction du déficit avec la poursuite des investissements publics. « La réduction du déficit ne se fera cependant pas au détriment des investissements stratégiques », affirme Cheikh Diba, selon APS. Cette approche vise à préserver les capacités de financement de l’économie tout en renforçant la soutenabilité budgétaire.

Les dépenses d’investissement, qui devraient augmenter de 509,7 milliards FCFA entre 2027 et 2029, seront orientées vers des projets à fort impact économique et social, comme le précise Leral. Les projets moins performants seront rationalisés, tandis que les ressources seront utilisées pour financer les secteurs sociaux, les PME et les programmes de lutte contre la pauvreté.