Le Jammu-et-Cachemire administré par le Pakistan traverse une crise politique majeure marquée par des manifestations mortelles et un boycott électoral. Le mouvement, mené par le Jammu and Kashmir Joint Awami Action Committee (JAAC), exige la suppression de sièges législatifs réservés aux réfugiés pour accroître la représentativité locale.
La région du Jammu-et-Cachemire administré par le Pakistan (AJK) fait face à son instabilité politique la plus profonde depuis des années. Ce qui a débuté comme une campagne populaire contre la hausse des prix de l’électricité et le coût de la vie s’est transformé en un défi frontal contre la structure constitutionnelle du territoire, entraînant des affrontements sanglants et un découpage du scrutin régional en trois phases.
Le litige sur les 12 sièges de l’Assemblée législative
Le point de rupture central réside dans la composition de l’Assemblée législative de l’AJK. Le Jammu and Kashmir Joint Awami Action Committee (JAAC) exige l’abolition de 12 sièges réservés aux réfugiés cachemiris ayant migré vers le Pakistan après 1947 et résidant désormais hors de la région.
Pour le JAAC, ce mécanisme permet aux partis politiques basés à Islamabad d’exercer une influence indue sur le gouvernement de Muzaffarabad et détourne des fonds de développement destinés aux résidents locaux. À l’inverse, le gouvernement pakistanais rejette ces demandes, affirmant que ces sièges sont constitutionnellement protégés. Selon les autorités, ce maintien est essentiel pour soutenir la position officielle du Pakistan, selon laquelle l’ensemble de l’ancien État princier du Jammu-et-Cachemire demeure un territoire contesté.
Bilan humain et répression sécuritaire
L’escalade de la violence a conduit à des bilans contradictoires, exacerbés par un black-out partiel d’internet en vigueur depuis le 5 juin, selon l’observateur indépendant NetBlocks. Les chiffres varient selon les sources :
| Source | Bilan rapporté |
|---|---|
| Amnesty International | Au moins 40 morts (34 civils, 6 forces de sécurité) |
| Estimations locales / Résidents | Plus de 50 morts, dont 7 membres des forces de l’ordre |
| Leaders du JAAC | Plus de 60 civils tués en moins de deux mois |
Un processus électoral fragmenté et contesté
L’instabilité a forcé les autorités à modifier le calendrier électoral. Initialement prévu sur une seule journée, le vote pour l’Assemblée législative de 45 sièges a été scindé en trois phases : le 27 juillet, le 2 août et le 10 août 2026.
Le scrutin s’est déroulé dans un climat de tension extrême. À Muzaffarabad, la capitale, des journées de fermeture totale ont été observées. Le JAAC appelle activement au boycott des élections, soutenant que le système actuel ne représente pas équitablement les habitants de la région.
La situation reste précaire alors que le troisième et dernier tour de scrutin est prévu pour ce lundi 10 août, dans un contexte où la connectivité télécom reste limitée et la surveillance sécuritaire accrue.