Le président américain Donald Trump a signé le 26 août 2026 un décret présidentiel déclarant l’urgence nationale pour interdire l’importation et l’installation d’équipements électriques étrangers jugés vulnérables, ciblant en particulier les infrastructures critiques du réseau de transport d’électricité face aux risques d’accès à distance.
Un décret présidentiel fondé sur des lois d’urgence économique
L’administration américaine a officialisé le texte sous le nom d’Executive Order 14420. Ce décret s’appuie sur l’International Emergency Economic Powers Act, connu sous le sigle IEEPA, ainsi que sur le National Emergencies Act et la section 301 du titre 3 du Code des États-Unis. Ce réseau vital alimente l’économie nationale, les services d’urgence et les infrastructures de la défense.
Cette décision fait écho à une démarche similaire entreprise durant le premier mandat présidentiel, où le réseau électrique avait déjà été désigné comme une cible potentielle pour des cyberattaques malveillantes. Boursier.com souligne que la rhétorique employée par la Maison Blanche reste inchangée, motivée cette fois par l’expansion rapide des centres de données, de l’intelligence artificielle et de la production militaire, des secteurs qui accroissent considérablement la dépendance du pays à une alimentation électrique continue et abondante.
Les équipements et technologies sous le coup des interdictions
Le champ d’application des restrictions vise directement les équipements électriques de transport en gros dont la puissance nominale atteint 69 kV ou plus, en privilégiant les installations d’un réseau énergétique interconnecté plutôt que la distribution locale. Les catégories de produits ciblées englobent les transformateurs essentiels à la conversion énergétique, les onduleurs, les systèmes de stockage d’énergie par batterie et les systèmes d’alimentation sans interruption. Les générateurs, les turbines de production, les disjoncteurs haute tension et les automates programmables industriels font également l’objet d’un contrôle strict, de même que les logiciels et les accès à distance associés.
Le décret confère au secrétaire à l’Énergie le pouvoir d’interdire toute acquisition, importation, transfert ou installation de ces composants dès qu’une entité étrangère couverte y est associée. Investing.com note que les analystes de Citi estiment que ces mesures visent principalement les fournisseurs chinois, tout en constatant que la Chine n’a pas constitué jusqu’à présent une source majeure d’approvisionnement en transformateurs pour les acteurs européens du secteur.
Répercussions industrielles et stratégies d’approvisionnement
La mise en place de ces barrières réglementaires oblige les opérateurs du marché américain à se tourner vers des solutions locales ou européennes, lesquelles affichent des coûts souvent plus élevés et des délais de fabrication nettement supérieurs. Siemens Energy, par exemple, s’appuie actuellement sur des importations en provenance du Mexique et du Brésil pour répondre à la demande américaine en transformateurs, et l’entreprise ne prévoit de livrer de grands transformateurs depuis sa nouvelle usine de Charlotte qu’à partir de fin 2027.

Malgré la fermeté de l’exécutif américain, la réalité technique de la menace fait l’objet de nuances institutionnelles. Dès le mois de janvier, le Département de l’énergie avait mené une inspection sur trente onduleurs chinois sans pour autant découvrir de preuve définitive de matériel malveillant dissimulé. Néanmoins, les régulateurs poursuivent un resserrement des contrôles, à l’instar de la Federal Communications Commission qui avait restreint l’importation d’onduleurs étrangers à la fin du mois de juillet, emboîtant le pas à une décision similaire adoptée par la Commission européenne dès le mois de mai.
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