Des crues éclairs dévastatrices survenues au Népal et au Tibet ont fait au moins 1 252 morts et des milliers de disparus, poussant les familles angoissées à camper près des héliports et des centres de secours. Des dizaines de travailleurs demeurent piégés dans des tunnels hydroélectriques submergés, tandis que les autorités poursuivent des opérations de sauvetage complexes.
La catastrophe s’est abattue sans prévenir lorsque l’effondrement d’un glacier frontalier a libéré des torrents d’eau, de boue et de débris.
L’attente insoutenable des familles dans le district de Nuwakot
Dans le district de Nuwakot, situé à environ 60 kilomètres de Katmandou au confluent des rivières Trishuli et Tadi, des centaines de proches se rassemblent quotidiennement autour d’un poste de l’armée. Leurs doigts parcourent les listes de survivants affichées sur les murs, les mains tremblantes à l’idée d’apercevoir le nom d’un être cher, selon les reportages du photographe et documentariste Rasik Maharjan, repris par l’Australian Broadcasting Corporation.
Rasik Maharjan, photographe et documentariste, via ABC, a indiqué qu’à chaque approche d’hélicoptère, tout le monde lève les yeux, nourri par le mince espoir que la prochaine personne à franchir la porte puisse être celle qu’ils attendent, qualifiant cette situation d’attente épuisante.
Le bilan officiel des victimes s’établit désormais à au moins 1 252 morts confirmés, tandis que plus de 4 200 personnes restent introuvables. Parmi ces disparus figurent 38 ressortissants australiens. L’ampleur des destructions est telle que des dépouilles ont été charriées par les flots à plus de 100 kilomètres en aval de la zone d’impact initiale.
L’espoir persistant de retrouver des survivants dans les tunnels de Rasuwagadhi
Malgré l’écoulement d’une semaine depuis le déclenchement des inondations, les autorités népalaises affirment maintenir leur confiance quant à la survie de dizaines d’ouvriers bloqués dans des chambres souterraines.
Au projet hydroélectrique de Rasuwagadhi, situé à environ trois kilomètres de la frontière tibétaine et accessible presque exclusivement par hélicoptère, les équipes estiment que 46 personnes se trouvent toujours dans une pièce souterraine sèche.
La complexité des fouilles et la colère des proches face au manque d’informations
À l’installation Upper Trishuli 3A, un autre site majeur touché, il a fallu près de six jours aux secouristes pour localiser les entrées de tunnels ensevelies sous des couches d’épaisseur considérable de boue et de sédiments.
Pendant ce temps, la détresse des familles se mue parfois en incompréhension face à la lenteur administrative. Durga Gurung, dont le frère est prisonnier d’un tunnel, exprime le désarroi général en déclarant que ni l’armée ni les représentants de la compagnie d’électricité ne leur fournissent la moindre information.

| Indicateur de la catastrophe | Données officielles estimées |
|---|---|
| Morts confirmés | 1 252 |
| Personnes disparues | Plus de 4 200 |
| Volume de débris estimé (PNUD) | au moins 2.2m tonnes |
| Personnes secourues à ce jour | Plus de 270 |
Le Programme des Nations unies pour le développement évalue préliminairement le volume des débris à au moins 2.2m tonnes, incluant des fragments de bâtiments, des roches et des sédiments colossaux qui obstruent l’accès aux galeries. Pour les photojournalistes comme Rasik Maharjan, témoigner de cette tragédie tout en gérant le poids émotionnel de voir des villages entiers effacés de la carte représente une épreuve de chaque instant, partagée dans les colonnes de l’Australian Broadcasting Corporation.