Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a entamé une tournée en Amérique latine. Depuis l’Équateur, il a annoncé le classement du gang local Los Tiguerones comme organisation terroriste et promis des équipements militaires accrus, tout en critiquant la politique antidrogue du Mexique.
La diplomatie américaine hausse le ton face aux cartels. Le secrétaire d’État Marco Rubio s’est rendu en Équateur pour intensifier la lutte conjointe contre les organisations criminelles qui ont transformé le pays en l’un des plus violents de la région. Cette visite s’inscrit dans le cadre d’une tournée sud-américaine visant à consolider les alliances avec les gouvernements conservateurs de la Colombie, de l’Équateur et du Pérou, et à conforter l’influence des États-Unis.
Los Tiguerones classés organisation terroriste par Washington
Depuis Quito, le chef de la diplomatie américaine a annoncé que le gang équatorien Los Tiguerones serait désormais désigné comme organisation terroriste. Cette mesure gèle leurs avoirs, leur interdit tout accès au système financier américain et bloque toute transaction en leur faveur.
Cette faction criminelle est directement impliquée dans le trafic de stupéfiants, le commerce illicite d’armes, l’exploitation minière illégale, le blanchiment d’argent, l’extorsion et des assassinats ciblés, d’après les données de l’Observatoire équatorien du crime organisé. Washington avait déjà pris des mesures similaires contre d’autres groupes criminels, notamment le Tren de Aragua au Venezuela et le cartel de Sinaloa au Mexique.
Sanctions contre d’anciens responsables et renforcement militaire
En marge de cette désignation, la diplomatie américaine a frappé les réseaux de corruption institutionnelle. Sept anciens responsables équatoriens ont été sanctionnés pour avoir accepté des pots-de-vin en lien avec des groupes criminels. Le département d’État a précisé que ces individus — parmi lesquels figurent un ancien directeur de l’administration pénitentiaire, un ex-parlementaire et plusieurs anciens magistrats — se voient désormais interdire l’entrée sur le territoire américain.
Pour appuyer les forces locales, Marco Rubio a également promis la livraison d’un patrouilleur des garde-côtes ainsi que de cinq nouveaux navires d’interception. Ces équipements viennent soutenir les opérations militaires conjointes menées par Washington et Quito dans le Pacifique équatorien. Ces patrouilles, qui ciblent les embarcations au service des narcotrafiquants, ont conduit à la destruction de six bateaux en l’espace de deux semaines, suscitant toutefois des critiques de la part des défenseurs des droits humains. Parallèlement, l’armée américaine a indiqué avoir frappé une embarcation suspecte dans les Caraïbes, causant la mort de trois personnes.
Tensions avec le Mexique et stratégie régionale
Interrogé sur les efforts régionaux, le secrétaire d’État a estimé que le Mexique, dirigé par la présidente de gauche Claudia Sheinbaum, devait intensifier son action. Les Mexicains ont fait plus d’efforts qu’ils ne l’ont jamais fait auparavant pour s’attaquer à ces groupes, mais ce n’est toujours pas assez
, a-t-il déclaré, jugeant qu’il conviendra de faire face à cette menace par tous les moyens nécessaires.
L’Équateur subit de plein fouet sa position géographique stratégique, pris en tenaille entre la Colombie et le Pérou, qui demeurent les principaux producteurs mondiaux de cocaïne. Malgré la politique de fermeté menée par le président équatorien Daniel Noboa, la violence reste à des niveaux élevés, l’Équateur étant devenu le point de départ de 70% de la cocaïne mondiale destinée aux marchés américain et européen.
Alignement conservateur en Colombie et au Pérou
La tournée sud-américaine de Marco Rubio reflète la montée d’une vague conservatrice alignée sur les orientations de Donald Trump. Avant son étape équatorienne, le secrétaire d’État s’est rendu en Colombie pour s’entretenir avec le nouveau dirigeant de droite dure Abelardo de la Espriella, s’engageant à resserrer les liens bilatéraux après quatre années d’administration de gauche. Le dirigeant colombien a immédiatement renforcé la coopération militaire avec les États-Unis depuis son arrivée au pouvoir début août.
La stratégie de Washington vise également à contrebalancer l’influence de la Chine, de la Russie et de l’Iran dans l’hémisphère. Après Quito, le chef de la diplomatie américaine est attendu au Pérou pour rencontrer la présidente conservatrice Keiko Fujimori. Le Pérou intègre ainsi le Bouclier des Amériques
, la coalition régionale impulsée par Washington pour endiguer le narcotrafic et le crime organisé.