Patrick Bruel a déposé plainte pour violation du secret de l’instruction après la publication d’extraits de ses auditions par plusieurs médias, notamment l’hebdomadaire Paris Match. La défense du chanteur dénonce des propos diffamatoires et faussement attribués, dans un contexte judiciaire marqué par plusieurs mises en examen et l’annulation récente d’une tournée.
Paris Match
La riposte judiciaire s’organise autour de fuites jugées intolérables par les conseils de l’artiste. Les avocats de Patrick Bruel ont officialized le dépôt d’une plainte mercredi, notamment pour violation du secret de l’instruction, après la publication d’extraits de son audition dans Paris Match, a-t-on appris ce jeudi auprès des avocats du chanteur. Cette plainte fait suite à la publication, les 2 et 3 septembre, par plusieurs médias, d’informations et d’extraits verbatim de procès-verbaux couverts par le secret de l’instruction concernant le chanteur de 67 ans, accusé par de nombreuses femmes de violences sexuelles.
Mes Fanny Colin, Céline Lasek et Christophe Ingrain
Au cœur de cette action en justice figure un désaccord profond sur des citations relayées par la presse écrite. Dans un communiqué transmis à l’AFP, les conseils du chanteur de 67 ans — Mes Fanny Colin, Céline Lasek et Christophe Ingrain, dont le projet de dépôt de plainte avait été annoncé sur BFMTV — ont vivement contesté l’authenticité de déclarations attribuées à leur client dans l’édition du 3 septembre.

Les conseils de Patrick Bruel ont indiqué : « Il est fermement démenti que Monsieur Bruel ait tenu les propos qui lui ont été faussement attribués par Paris Match, en particulier la phrase : Ce ne sont pas 30 pleureuses qui vont foutre ma carrière en l’air ». Selon les avocats, le chanteur de 67 ans n’aurait jamais prononcé ces mots, « qui sont à mille lieues de son état d’esprit et du vocabulaire qu’il emploie ». Les conseils s’indignent contre des violations qui « portent une atteinte grave et irrémédiable à la sincérité et à la sérénité de la procédure ». Sur BFMTV, Me Fanny Colin avait dénoncé une pratique « scandaleuse », estimant qu’il est « impossible » que la fuite vienne des « magistrats et des enquêteurs » et pointant « les autres avocats du dossier », à savoir ceux des plaignantes.
Cette polémique autour des procès-verbaux s’inscrit dans un climat de tension accru autour de l’artiste. Le chanteur de 67 ans, qui a renoncé à sa tournée et clame son innocence, a annulé le 2 septembre la tournée qu’il devait entamer début octobre. Dans un message sur Instagram, le chanteur justifiait l’annulation de sa tournée par un souci « d’apaisement » mais assurait que cette décision « ne signifie en aucun cas qu’(il) renonce à (se) défendre ». « Je ne laisserai par dire certaines choses sans les contester pour une raison simple : elles sont fausses », écrivait celui qui a toujours contesté les accusations portées contre lui, ajoutant : « Je me battrai pour que mon innocence soit reconnue ».
Mediapart
Sur le plan pénal, la situation de l’intéressé demeure complexe. L’affaire fait suite à une enquête de Mediapart parue en mars et fondée sur le témoignage de huit femmes couvrant une période allant de 1991 à 2019. À ce stade, Patrick Bruel a été mis en examen dans quatre dossiers, notamment pour viol et tentative de viol, et a été placé sous le statut, plus favorable, de témoin assisté dans quatre dossiers, dont un viol à Dinard (Ille-et-Vilaine) en 2012 et un autre à l’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse).
Le calendrier judiciaire immédiat prévoit de nouvelles étapes. Mi-septembre, la justice française doit se prononcer sur les conditions de son contrôle judiciaire, jugées trop clémentes par plusieurs parties. Depuis plusieurs semaines, des responsables politiques, des élus et des associations suivent également ce dossier de près.