Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient affirme avoir détourné une centaine de navires commerciaux en deux mois dans le cadre d’un blocus des ports iraniens. Cette mesure répond au verrouillage persistant du détroit d’Ormuz par Téhéran, tandis que les marchés pétroliers réagissent vivement à ces tensions maritimes accrues au Moyen-Orient.
La confrontation maritime entre les États-Unis et l’Iran franchit un nouveau cap. Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient a annoncé que ses forces ont détourné 100 navires commerciaux au cours des 60 derniers jours, maintenant une pression constante pour priver Téhéran de ses revenus maritimes.
Ce dispositif vise directement les intérêts iraniens en représailles au contrôle exercé par les autorités de Téhéran sur le détroit d’Ormuz. Selon les informations communiquées par l’armée américaine, AUCUN navire n’a réussi à franchir ce blocus strict sans l’accord préalable de Washington.
Tirs dans le Golfe et répercussions sur le transport maritime
L’agence maritime britannique UKMTO a confirmé de son côté plusieurs navires visés par des tirs dans la région du Golfe, après l’annonce par l’Iran d’une vingtaine de bateaux pris pour cible alors qu’ils tentaient de s’engager dans le passage stratégique. Une explosion a également été signalée par la télévision publique iranienne à proximité de la même zone, sans qu’un bilan précis ou une origine officielle ne soient immédiatement détaillés.
Parmi les incidents enregistrés, un pétrolier a été touché à 28 milles nautiques au sud-est de la ville portuaire irakienne d’Al-Faw, selon les alertes de l’agence britannique. Ces affrontements illustrent l’enlisement d’un conflit ouvert qui dure maintenant depuis six mois, marqué par la volonté iranienne de maintenir son emprise sur les routes maritimes et la riposte américaine par le blocus.
Flambée des cours du pétrole et records sur les carburants
Les répercussions économiques de ces hostilités se font immédiatement sentir sur les marchés internationaux. Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, a franchi la barre des 100 dollars pour la première fois depuis juillet, affichant une hausse de 3,29% à 101,14 dollars en milieu de journée. De son côté, le brut léger américain WTI a progressé de 3,58% pour s’établir à 96,36 dollars.
Le gaz européen atteint quant à lui ses niveaux les plus hauts depuis le début de l’année 2023, alimenté par les frappes répétées contre les pétroliers. Sur le marché de détail américain, la pression pèse lourdement sur les consommateurs : le gallon de diesel a atteint un nouveau record à la pompe, s’affichant en moyenne à 5,94 dollars selon les données de l’Association automobile américaine.
Saisine de l’ONU et perspectives politiques incertaines
Sur le plan diplomatique et international, la situation nucléaire de l’Iran franchit un nouveau palier d’alerte. Le conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique a voté pour renvoyer Téhéran devant le Conseil de sécurité des Nations unies, suite au non-respect des obligations nucléaires du pays. La résolution a recueilli 23 voix pour, 3 voix contre — émanant de la Russie, de la Chine et du Niger — et 8 abstentions.
Alors que la pression s’accumule sur tous les fronts, le calendrier politique américain s’invite dans la crise. Depuis la base aérienne d’Andrews, le président américain a estimé que le conflit s’arrêterait immédiatement après les élections législatives de novembre, affirmant que l’Iran tente désespérément de peser sur le scrutin en raison de difficultés économiques extrêmes.