Une cagnotte en ligne ouverte pour soutenir la famille de Grégory Lenoci approche des 100.000 euros de dons, selon des informations rapportées par les médias. Une partie importante des fonds récoltés a déjà été dépensée pour régler des dettes, des factures et des urgences de première nécessité, tandis que les commentaires sur la plateforme suscitent des interrogations juridiques.
Cette affaire judiciaire trouve son origine dans une agression survenue le 24 juillet 2025 à Jambes, au cours de laquelle Grégory Lenoci avait donné rendez-vous à Marc P. après avoir pris connaissance d’actes que ce dernier aurait commis sur son fils. Marc P., déjà condamné pour des faits de pédocriminalité, avait été violemment frappé et conserve aujourd’hui de très lourdes séquelles neurologiques. La défense avait plaidé la contrainte irrésistible, mais le tribunal a retenu la préméditation, l’intention homicide et l’extrême violence.
Répartition et utilisation des 37.000 euros déjà dépensés
Sur la somme totale récoltée, environ 37.000 euros ont déjà été affectés à différents postes de dépenses pour la famille. D’après le détail rendu public par les organisateurs, l’utilisation des fonds se répartit de la manière suivante :
- 27 000 euros consacrés au règlement de dettes et de factures accumulées.
- 4 000 euros attribués à la réparation du chauffage et à l’achat de mazout pour l’hiver.
- 4 000 euros dépensés pour des achats de biens de première nécessité.
- 2 000 euros alloués à des soins médicaux.
Bien que ces informations touchent à la sphère privée, les observateurs soulignent la nécessité de cette transparence financière.
Les interrogations juridiques autour de la saisie des fonds
Le parcours judiciaire de Grégory Lenoci comprend d’autres condamnations antérieures, notamment pour des faits de coups et blessures volontaires commis en 2018 contre le patron d’un café de Gembloux, un établissement qu’il avait saccagé. Les médias notent que la victime de ce dossier passé n’aurait pas été indemnisée.
Toutefois, pour les créanciers cherchant à récupérer des sommes, la cagnotte actuelle présente un verrou juridique complexe. Selon l’analyse de Stéphane Guchez :
Le but étant de soutenir une famille qui n’est pas débitrice des créances de M. Lenoci, il sera difficile […] d’aller saisir des fonds qui ne sont pas destinés ouvertement […
Stéphane Guchez, avocat spécialisé en droit civil
La polémique des commentaires et le risque pénal
Au-delà de l’aspect purement financier, l’espace d’expression mis à disposition des donateurs sur la plateforme de collecte suscite des débats nourris. Bien que la structure numérique proscrive les appels à la haine, plusieurs messages postés sur le site flirtent avec la légalité ou la dépassent ouvertement, certains contributeurs exprimant leur soutien direct à l’agresseur ou s’en prenant aux institutions judiciaires.

Des exemples de messages publiés incluent des encouragements explicites :
J’espère que vous resterez fier de qui vous êtes et de ce que vous avez fait.
Un contributeur anonyme, via la plateforme
D’autres messages ciblent directement le système judiciaire de manière virulente, à l’instar d’un autre donateur écrivant : Merci beaucoup d’avoir protégé les enfants contrairement à cette « justice » complice et sûrement coupable de participer à Pédoland
.
Ces dérapages textuels exposent les contributeurs et les limites de la modération à des poursuites potentielles. Hamid El Abouti, avocat pénaliste au barreau de Bruxelles, met en garde contre la dérive de ces publications dans les colonnes des médias :
« Lorsque cette cagnotte devient le moyen d’encourager ou féliciter une tentative d’assassinat, on franchit une ligne qui est extrêmement dangereuse, estime Hamid El Abouti, avocat pénaliste au barreau de Bruxelles. Ces discours, s’ils encouragent à commettre un délit, deviennent un appel au crime et sont punissables en Belgique d’une peine allant de 15 ans à 20 ans de prison. »
Hamid El Abouti, avocat pénaliste au barreau de Bruxelles
L’avocat souligne ainsi que de telles initiatives pourraient entraîner des conséquences juridiques graves pour ceux qui participent à ces collectes de fonds ou les encouragent publiquement.