La surveillance par IRM cérébrale seule, sans irradiation crânienne prophylactique (ICP), améliore la survie sans échec cognitif chez les patients atteints de cancer du poumon à petites cellules (CPPC), selon les résultats de l’essai international de phase III SWOG S1827 MAVERICK, rapportés par MedPage Today. Ces conclusions ont été présentées lors de la conférence mondiale sur le cancer du poumon organisée par l’Association internationale pour l’étude du cancer du poumon (IASLC).
L’IRM Cérébrale Seule Améliore la Survie sans Échec Cognitif dans le Cancer du Poumon
Selon les données présentées, les patients randomisés pour recevoir uniquement une surveillance par IRM présentaient une probabilité plus élevée d’être en vie et exempts de déclin cognitif par rapport à ceux soumis à l’association de l’IRM et de l’ICP, avec des taux estimés à 6 mois de 38 % contre 17 % (rapport de risque de 0,60). L’étude, également relayée par News Medical, indique que ce protocole de surveillance réduit de 40 % le risque de défaillance cognitive ou de décès par rapport au groupe combiné avec l’ICP.
Contexte de l’Étude et Méthodologie MAVERICK
Traditionnellement, l’ICP était administrée après le traitement initial du CPPC afin de réduire l’incidence des métastases cérébrales, bien qu’elle comporte des risques de toxicité cognitive. L’essai MAVERICK a été conçu pour évaluer si la surveillance moderne par IRM permettrait d’éviter ces effets secondaires sans compromettre la survie globale des patients.
L’étude a inclus 304 patients atteints d’un CPPC de stade limité ou étendu, inscrits entre janvier 2020 et décembre 2025. Tous les participants avaient achevé leur traitement de première ligne et ne présentaient aucune métastase cérébrale à l’IRM avant leur inclusion. Les patients ont été répartis aléatoirement entre une surveillance par IRM seule ou une surveillance par IRM associée à l’ICP (25 Gy en 10 fractions). Les examens par IRM et les tests cognitifs étaient réalisés tous les trois mois la première année, puis tous les six mois la deuxième année.
Résultats sur la Survie et Effets Secondaires
Une analyse préliminaire de la survie globale, réalisée après 128 décès, n’a montré aucune différence significative entre les deux stratégies thérapeutiques. De même, la survie sans métastases cérébrales ne présentait pas de différence marquée entre les groupes.

Les événements indésirables graves liés au traitement se sont avérés moins fréquents dans le groupe bénéficiant de l’IRM seule : des effets indésirables de grade 3 à 5 ont été observés chez 0,8 % des patients de ce groupe, comparativement à 7,9 % des patients du groupe ayant reçu l’IRM et l’ICP. Un cas d’encéphalopathie de grade 5 a été enregistré dans le groupe recevant l’irradiation.
Perspectives Cliniques
D’après Chad Rusthoven, clinicien de l’University of Colorado Cancer Center (et de l’University of Colorado School of Medicine), ces résultats supportent l’IRM surveillance comme l’approche de prise en charge privilégiée pour les patients atteints de cancer du poumon à petites cellules. Les bienfaits de l’IRM seule se sont révélés constants, qu’il s’agisse de patients au stade limité ou étendu de la maladie, et indépendamment de l’administration d’une immunothérapie.
