Une combinaison de talazoparibe et d’enzalutamide améliore la survie sans progression des patients atteints de cancer de la prostate métastatique présentant des mutations génétiques, selon une étude internationale impliquant le CHUM. Publiés dans le New England Journal of Medicine, les résultats montrent une efficacité accrue, particulièrement chez les patients porteurs de mutations du gène BRCA.
Le traitement du cancer de la prostate métastatique franchit une étape importante pour les patients dont l’organisme ne peut plus réparer son ADN. Environ un quart des patients touchés par cette forme de cancer présentent des anomalies génétiques qui limitent l’efficacité des thérapies conventionnelles. L’introduction d’une approche combinant deux molécules vise précisément à contourner ces obstacles biologiques.
L’impact du traitement combiné sur les mutations BRCA

L’étude internationale, à laquelle a participé un chercheur du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), s’est concentrée sur l’utilisation conjointe du talazoparibe et de l’enzalutamide. Cette combinaison cible les patients présentant des mutations génétiques, notamment celles touchant le gène BRCA, déjà connu pour son lien avec le cancer du sein.
Les données publiées dans le New England Journal of Medicine révèlent un écart significatif de survie sans progression, évaluée par imagerie, après trois ans de traitement. Selon La Presse, le taux de survie sans progression s’établit à 77 % pour le groupe traité au talazoparibe, contre 49 % pour le groupe témoin chez les patients présentant des altérations des gènes BRCA1 ou BRCA2.
L’efficacité s’étend également aux patients porteurs d’autres mutations interférant avec la réparation de l’ADN, bien que le bénéfice soit moins marqué. Pour ce groupe, la survie sans progression à trois ans est de 76 % pour le groupe traité, comparativement à 60 % pour le groupe témoin.
En d’autres mots, on amène ces gens-là, qui ont une anomalie très, très mauvaise en termes de pronostic, on les ramène aux gens qui n’ont pas ce gène-là. C’est comme si on élimine cette anomalie de l’équation de mauvais pronostic. C’est assez extraordinaire.
Dr Fred Saad, sommité mondiale en traitement du cancer de la prostate
Effets secondaires et accessibilité selon l’âge

L’amélioration des perspectives de survie s’accompagne toutefois de risques cliniques. Les chercheurs signalent que ce traitement combiné provoque davantage d’effets indésirables graves que les thérapies standards. L’anémie figure parmi les complications les plus notables rapportées, comme l’indique sherbrooke.info.
Un point crucial de l’étude concerne l’universalité des bénéfices. Les résultats positifs ont été mesurés indépendamment de l’âge des patients, qu’ils soient âgés de plus ou de moins de 70 ans. Cette donnée est essentielle pour une population masculine souvent touchée par le cancer de la prostate à un âge avancé, où la tolérance aux traitements lourds est généralement plus fragile.
Bien que la prolongation de la survie globale des patients reste à confirmer lors des prochaines années, l’optimisme est marqué quant à la mise sur le marché.
Avec les résultats qu’on a à date, je suis convaincu qu’il va y avoir cette possibilité de traiter les patients très prochainement parce que les résultats sont trop forts pour que les gouvernements disent non à l’approbation.
Dr Fred Saad, chercheur
L’immunothérapie VIR-5500 et la réduction du taux de PSA
Parallèlement aux avancées sur les mutations BRCA, une autre piste thérapeutique émerge via l’immunothérapie. Le VIR-5500, développé par le laboratoire américain Vir Biotechnology, utilise des activateurs de lymphocytes T dits masqués. Contrairement aux traitements génétiques, cette approche force la proximité physique entre les lymphocytes T et les cellules cancéreuses pour déclencher leur destruction.
Les résultats préliminaires, présentés lors du symposium 2026 sur les cancers génito-urinaires de la Société américaine d’oncologie clinique, concernent des patients à un stade avancé n’ayant pas répondu aux autres traitements. D’après Boursorama, 82 % des patients ayant reçu les doses les plus élevées ont montré une diminution de leur taux de PSA (antigène prostatique spécifique).
L’impact sur la masse tumorale est tout aussi notable :
Perspectives et limites des nouvelles thérapies
Il existe une distinction majeure entre ces deux avancées. Le protocole talazoparibe-enzalutamide repose sur une phase III d’essais cliniques avec des résultats publiés dans une revue prestigieuse, ce qui le rapproche d’une approbation réglementaire. À l’inverse, le VIR-5500 repose sur des données préliminaires qui n’ont pas encore été soumises à l’évaluation par les pairs.
L’intérêt des activateurs de lymphocytes T dépasse toutefois le cadre de la prostate. Cette technologie est actuellement testée pour lutter contre d’autres pathologies où le système immunitaire est contourné, notamment :
| Application | Type de pathologie |
|---|---|
| Oncologie | Leucémie, myélome multiple, cancer du poumon |
| Virologie | Hépatite B chronique |
Le paysage thérapeutique du cancer de la prostate évolue vers une personnalisation accrue. D’un côté, la médecine de précision cible les mutations génétiques spécifiques comme BRCA pour transformer un pronostic sévère en un résultat gérable. De l’autre, l’immunothérapie tente de réactiver les défenses naturelles de l’organisme pour s’attaquer aux tumeurs les plus résistantes.
Note : Ces informations sont fournies à titre informatif. Pour tout diagnostic ou choix de traitement, il est impératif de consulter un professionnel de la santé qualifié.
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