L’International Labour Organization (ILO) et le gouvernement canadien ont officiellement lancé une initiative conjointe de quatre ans visant à renforcer les systèmes de détection et de traitement du travail forcé aux Philippines, selon Bworldonline. Baptisé PRIME PH, pour la promotion d’institutions et de mécanismes réactifs afin d’éliminer le travail forcé aux Philippines, le projet est soutenu par le programme du travail d’Employment and Social Development Canada et se poursuivra jusqu’en février 2030, d’après les informations publiées par l’International Labour Organization.
L’Organisation internationale du travail et le Canada lancent un projet contre le travail forcé aux Philippines
Le projet se concentrera sur les secteurs liés au commerce international, notamment l’agriculture et la fabrication, qui exportent des produits vers le Canada. D’après les précisions rapportées par Devdiscourse, près de 100 représentants issus du gouvernement, des organisations de travailleurs et d’employeurs, de la société civile, des partenaires de développement, du milieu académique et du secteur privé ont assisté au lancement de l’initiative.
Objectifs et cadres d’intervention de l’initiative PRIME PH
Le travail forcé pose de graves problèmes de droits humains et de travail décent aux Philippines, des risques accentués par l’informalité, les lacunes dans la protection du travail et les pressions économiques. Khalid Hassan, directeur du bureau pays de l’ILO pour les Philippines, a déclaré lors du lancement que le travail forcé n’a pas sa place dans nos sociétés et que l’élimination de cette pratique est fondamentale pour parvenir au travail décent, à la justice sociale et à la dignité humaine.

PRIME PH travaillera avec le gouvernement philippin, les organisations de travailleurs et d’employeurs ainsi que d’autres partenaires pour renforcer les politiques, améliorer les institutions et mettre en place des mesures de prévention. Le projet vise également à aider les entreprises à exercer une diligence raisonnable tout au long de leurs chaînes d’approvisionnement et à améliorer l’accès à la justice pour les personnes touchées.
Engagements bilatéraux et contextes réglementaires
Les deux pays partagent des engagements internationaux rigoureux. La République des Philippines et le Canada ont ratifié la convention sur le travail forcé de 1930 (n° 29) et la convention sur l’abolition du travail forcé de 1957 (n° 105) de l’ILO. Par ailleurs, le secrétaire au Travail philippin, Francis N. Tolentino, a souligné que la protection contre le travail forcé est fondamentale pour la concurrence loyale et la place du pays dans le commerce mondial.

Du côté canadien, John Zerucelli, secrétaire d’État au Travail, a rappelé l’engagement de son pays à collaborer pour protéger les travailleurs. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des relations économiques entre les deux nations, alors que le Canada et les Philippines explorent la possibilité d’un accord de libre-échange et que le Canada applique une interdiction d’importation de biens produits par le travail forcé, soutenue par un nouveau cadre législatif.