La fumée des feux de forêt présente des risques sanitaires nettement supérieurs à ceux d’autres sources de pollution atmosphérique, selon deux études publiées en septembre 2026 par des chercheurs de l’Icahn School of Medicine at Mount Sinai, révélant une toxicité accrue pour les maladies cardiovasculaires, respiratoires et les patients atteints d’un cancer du poumon.
Fumée de forêt : deux études confirment une toxicité accrue
La fumée des feux de forêt présente des risques sanitaires nettement supérieurs à ceux d'autres sources de pollution atmosphérique, selon deux études publiées en septembre 2026…
Alors que le changement climatique multiplie les incendies de grande ampleur, la fumée qu’ils dégagent ne constitue plus seulement un problème environnemental régional. Elle s’impose désormais comme un défi sanitaire national, affectant des dizaines de millions de personnes bien au-delà des zones traditionnellement touchées, selon les conclusions de travaux menés par l’Icahn School of Medicine at Mount Sinai et publiées dans Nature Communications et The Lancet Oncology.
Une toxicité supérieure à celle de la pollution urbaine ordinaire
Les recherches dirigées par le premier auteur Min Zhang et le chercheur senior Yaguang Wei démontrent que la source des particules fines, connues sous le nom de PM2.5, importe autant que leur concentration. Contrairement à la pollution atmosphérique classique, les particules issues des incendies de forêt pénètrent profondément dans l’organisme et se révèlent plus nocives à exposition égale.
Le Dr. Wei, professeur adjoint en médecine environnementale à l’Icahn School of Medicine at Mount Sinai, a indiqué que la fumée des feux de forêt ne constitue plus un problème environnemental régional.
Le professeur Wei souligne également que la recherche montre que les PM2.5 d’origine ignée semblent plus toxiques que les polluants équivalents provenant d’autres sources. Par conséquent, les politiques de santé publique doivent intégrer la provenance des émissions et non plus seulement leur volume global.
Un impact critique sur la survie des patients atteints d’un cancer du poumon
L’étude parue le 15 septembre 2026 dans The Lancet Oncology s’est penchée sur les données de 414 016 adultes de 65 ans et plus atteints d’un cancer du poumon, en croisant les registres SEER-Medicare et des estimations de pollution développées par des chercheurs de l’université Stanford. Les résultats indiquent que l’exposition prolongée aux fumées d’incendie accroît considérablement la mortalité post-diagnostic.


Bien que les PM2.5 de feux de forêt ne représentent qu’environ 4 pour cent de la charge totale en particules fines, elles pèsent pour environ 17 pour cent de la mortalité liée à l’exposition globale aux PM2.5. Les chercheurs estiment ainsi que des centaines de décès annuels sont attribuables à ce seul facteur, tandis que la multiplication des journées de pollution intense aggrave le pronostic des malades.
Christine Ekenga, professeure adjointe à la Rollins School of Public Health de l’université Emory et coauteure des travaux, insiste sur la nécessité de concevoir des stratégies pratiques pour réduire l’exposition des populations les plus fragiles face à ce risque évitable.
Recommandations cliniques et protection des populations vulnérables
Face à la récurrence de ces épisodes de pollution, la gestion de la santé environnementale devient une composante incontournable du suivi médical. Selon les recommandations issues des travaux de Mount Sinai relayées par les chercheurs, les professionnels de santé devront intégrer systématiquement l’évaluation des expositions environnementales dans la prise en charge globale.
Pour les personnes atteintes de pathologies chroniques cardiorespiratoires ou de cancers, la surveillance étroite de la qualité de l’air et la limitation des déplacements en période de fumée intense s’avèrent indispensables.