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Cheikh Oumar Ba pointe les défis de la vallée de production

Le ministre de l'Agriculture, de l'Élevage et de la Souveraineté alimentaire, Cheikh Oumar Bâ, a bouclé fin septembre 2026 une tournée de suivi de la campagne agricole dans la…

Cheikh Oumar Ba pointe les défis de la vallée de production

Le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Souveraineté alimentaire, Cheikh Oumar Bâ, a bouclé fin septembre 2026 une tournée de suivi de la campagne agricole dans la vallée du fleuve Sénégal et à Linguère, pointant des coûts de production élevés, un endettement sectoriel et un besoin urgent de souveraineté semencière.

Les contraintes énergétiques et financières dans la vallée du fleuve Sénégal

Dans la région de Saint-Louis, qui s’était hissée au deuxième rang national des régions productrices lors de la campagne précédente, la campagne agricole se heurte à des défis structurels importants selon les observations formulées par Cheikh Oumar Ba au terme de la première étape de sa visite. Le coût de l’énergie pèse lourdement sur les exploitations, puisque l’électricité représente à elle seule 40 % des coûts de production dans la vallée du fleuve Sénégal.

Cheikh Oumar Ba pointe les défis de la vallée de production
Photo : Ndarinfo

La situation financière des acteurs de la filière demeure par ailleurs précaire. Le ministre a fait état d’un endettement global de 9 milliards de francs CFA pour l’ensemble des exploitants de la zone. Des concertations sont en cours avec les parties prenantes pour identifier des solutions de sortie de crise, tandis que le ministre entend poursuivre ses efforts aux côtés du Commerce et des Finances pour régler les dossiers de la filière.

Sur le plan commercial, les efforts se poursuivent pour écouler la production. Seules onze à douze mille tonnes ont été enlevées jusqu’à présent par rapport à l’objectif initialement fixé, bien que Senego rapporte de son côté des chiffres d’enlévement se situant entre 11 000 et 12 000 tonnes. Cheikh Oumar Ba a indiqué vouloir maintenir la pression avec les ministres du Commerce et des Finances pour fluidifier la commercialisation.

Campagne agricole 2026 : Le Ministre Dr Cheikhou Oumar Ba en visite à dans le département de Nioro

La production de niébé à Linguère et la souveraineté semencière

La tournée ministérielle s’est poursuivie à Linguère, dans la localité de Diéry Birane, au cœur des 300 hectares d’haricots (niébé) exploités par la coopérative de Fatou Sarr, un site principalement consacré au niébé couvrant près de 300 hectares d’après les précisions rapportées par Senego. Cette exploitation bénéficie d’un accompagnement technique de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra).

S’exprimant au nom des productrices de la « Plateforme production niébé du Djolof » (PPND), Fatou Sarr a exprimé des besoins pressants en matière d’équipement et d’intrants. Elle a réclamé la restauration des sols appauvris, la fourniture d’engrais organiques, ainsi que des semoirs et des engins de récolte et de transformation pour réduire la pénibilité du travail.

Le ministre a souligné l’importance stratégique du niébé dans le contexte des défis climatiques, en insistant sur la nécessité de garantir une souveraineté semencière pour assurer la sécurité alimentaire. Cheikh Oumar Bâ a rappelé que cette réussite de Fatou Sarr, par ailleurs grande productrice de niébé, est le fruit d’une collaboration avec l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra), qui en assure l’accompagnement technique. Il a également annoncé le renforcement des coopératives agricoles afin de fournir aux producteurs des semences de qualité, dans le cadre de la souveraineté alimentaire durable.

La loi agropastorale et le défi de la mécanisation

Les tensions foncières entre éleveurs et agriculteurs constituent un autre point de friction majeur dans la région de Louga, première productrice nationale de niébé. Les coopératives locales demandent une application rigoureuse de la loi agropastorale afin de prévenir et de résoudre ces conflits récurrents.

Pour moderniser les pratiques, les autorités misent sur la mécanisation et le renouvellement des infrastructures existantes tout en améliorant la qualité du drainage. Tout en saluant les initiatives menées par le secteur privé — à l’instar de la SFA — ainsi que l’expérience acquise avec des partenaires coréens dans le domaine de la mécanisation, le gouvernement veille à ce que ces collaborations ne concurrencent pas les investissements privés sénégalais, le tout en réaffirmant son appui au rôle central joué par la SAED dans la région.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.