À moins de dix jours du scrutin prévu le 5 octobre 2026, le Parti québécois de Paul St-Pierre Plamondon talonne la victoire dans les intentions de vote. Malgré les efforts répétés des autres formations politiques pour agiter la menace référendaire, la stratégie souverainiste bouscule les dynamiques électorales traditionnelles à l’Assemblée nationale.
La campagne électorale québécoise entre dans sa dernière décade avec un favori inattendu. Porté par une pluralité d’électeurs en quête de renouveau, le Parti québécois (PQ) se trouve au seuil d’une majorité parlementaire à l’approche du vote du 5 octobre 2026, selon les données de projection. Les sondages publiés par Léger placent les intentions de vote à 29 % pour la formation souverainiste, devançant ses principaux rivaux dans un paysage politique morcelé entre cinq partis.
Derrière le PQ, la course demeure serrée entre le Parti libéral du Québec (PLQ) à 23 %, la Coalition avenir Québec (CAQ) à 20 %, le Parti conservateur du Québec (PCQ) à 17 % et Québec solidaire (QS) à 10 %. Grâce au mode de scrutin majoritaire uninominal à un tour, un score de 29 % suffirait au PQ pour décrocher environ 49,6 % des sièges et former un gouvernement majoritaire de 63 députés sur 127. Une telle victoire permettrait à Paul St-Pierre Plamondon d’appliquer son programme sans avoir à demander la permission aux autres partis.

La stratégie du référendum assumé face aux adversaires politiques
Plutôt que d’enfouir la question de l’indépendance pour éviter d’effrayer l’électorat, la direction péquiste a opté pour une approche directe. Le chef du PQ a multiplié les jalons programmatiques au cours des dernières années, allant du budget de l’an un présenté en 2023 à la publication du Livre bleu, tout en fixant la consultation populaire à un premier mandat, juste après la présidence de Donald Trump.
Cette mise en avant constante de la souveraineté a provoqué une riposte coordonnée des partis adverses. La cheffe caquiste Christine Fréchette, le chef libéral Charles Milliard et le leader conservateur Éric Duhaime se sont positionnés tour à tour comme des remparts contre le projet indépendantiste. Lors des débats télévisés, ils ont martelé que le moment choisi était inopportun en raison de la guerre commerciale en cours entre le Canada et les États-Unis. Charles Milliard a qualifié le scrutin d’élection référendaire, tandis qu’Éric Duhaime a exhorté les électeurs à envoyer une forte députation pour bloquer l’obsession souverainiste de son rival.
Le fossé entre le discours des élites et les priorités des électeurs
Malgré les avertissements répétés de la classe politique et des cercles intellectuels concernant l’instabilité économique qu’engendrerait un référendum, l’effet escompté ne se matérialise pas dans l’électorat. Les électeurs semblent faire la distinction entre leur désir de changement politique immédiat et la perspective lointaine d’un scrutin constitutionnel.
La population exprime une fatigue manifeste envers le bilan de la CAQ, et les critiques issues d’une élite culturelle ou médiatique qualifiant le PQ de formation rigide ne freinent pas l’adhésion populaire. Comme l’observe l’analyse de la situation, la confrontation entre la peur brandie par les oppositions et la détermination affichée par la formation indépendantiste tourne à l’avantage de cette dernière.
Paul St-Pierre Plamondon a souligné que les partis politiques craignent le référendum non pas par principe, mais par peur de son issue. Dans un discours récent, il a indiqué que les adversaires du PQ évitent d’aborder la question de la souveraineté de peur de voir les électeurs s’y intéresser sérieusement.
« Ça ne sert à rien sinon. » Cette phrase, prononcée par un électeur interrogé à proximité d’un bureau de vote, résume l’attitude de nombreux Québécois face à la campagne électorale. L’enjeu se résume moins à la peur de la souveraineté qu’à la capacité des partis d’incarner une rupture crédible avec le pouvoir en place.