Publié le 30 novembre 2025 à 16h01. La Cour pénale internationale (CPI) se concentre désormais sur l’état de santé de l’ancien président philippin Rodrigo Duterte, après avoir rejeté sa demande de suspension de la procédure. Cette décision intervient dans le cadre de l’enquête sur les crimes contre l’humanité liés à sa guerre contre la drogue.
- La CPI évalue l’aptitude médicale et mentale de Rodrigo Duterte à subir un procès.
- La Cour suprême des Philippines a statué que les fugitifs ne peuvent pas solliciter de recours judiciaire tant qu’ils ne se rendent pas.
- Plus de 15 000 policiers seront déployés à Manille pour sécuriser une marche contre la corruption et les dynasties politiques.
Après avoir rejeté la demande de libération provisoire de l’ancien président Rodrigo Duterte, la Cour pénale internationale (CPI) va désormais évaluer sa capacité à être jugé pour des crimes contre l’humanité. Ces accusations sont liées à sa controversée guerre contre la drogue, qui a fait des milliers de morts aux Philippines. Gilbert Andres, directeur exécutif du Centre pour le droit international (CenterLaw) et conseiller juridique des familles des victimes d’exécutions extrajudiciaires (EJK), a expliqué que l’étape suivante consiste à déterminer si Duterte est médicalement et mentalement apte à participer à son procès.
Un groupe d’experts de trois personnes doit soumettre son rapport d’ici le 5 décembre. Les parties auront ensuite jusqu’au 12 décembre pour y répondre. La chambre préliminaire de la CPI décidera ensuite si Duterte est apte à être jugé. Vendredi, la Chambre d’appel a confirmé la décision de la chambre préliminaire de refuser la libération provisoire de Duterte, estimant qu’il existait des motifs factuels et juridiques suffisants pour justifier cette décision. La Cour a jugé que les garanties proposées par la défense étaient insuffisantes pour atténuer le risque de fuite et a soulevé des considérations techniques au titre de l’article 58 du Statut de Rome. Les arguments de la défense, invoquant des raisons humanitaires liées à l’âge avancé et à la santé fragile de Duterte, ont été rejetés.
Dans une autre affaire, la Cour suprême des Philippines a statué que les personnes en fuite pour échapper à la justice perdent le droit de demander un recours judiciaire tant qu’elles ne se rendent pas volontairement. Selon une décision rendue par le juge associé Samuel Gaerlan, le statut de fugitif s’applique non seulement aux condamnés en cavale, mais aussi à ceux qui quittent le pays ou se cachent après avoir été inculpés, dans le but d’éviter leur arrestation. La Cour a précisé qu’un mandat d’arrêt est le déclencheur pour déterminer le statut de fugitif et qu’une fois ce mandat émis, la personne ne peut plus participer aux procédures par l’intermédiaire d’un avocat ni solliciter l’intervention du tribunal.
Par ailleurs, la Police nationale philippine (PNP) prévoit de déployer plus de 15 000 agents dans la région métropolitaine de Manille le 30 novembre pour assurer la sécurité d’une marche contre la corruption et les dynasties politiques, qui devrait rassembler plus de 300 000 manifestants. Le porte-parole de la PNP, le général Randulf Tuano, a indiqué que ce déploiement représente une augmentation de 65,91 % par rapport au nombre initialement prévu, afin de dissuader les perturbateurs et d’empêcher toute infiltration des sites de protestation. Les principales manifestations sont prévues au monument du pouvoir populaire de l’EDSA à Quezon City et à la tribune Quirino à Manille.
Enfin, des perturbations aériennes ont affecté Philippine Airlines (PAL), Cebu Pacific et AirAsia, avec 82 vols annulés samedi en raison d’une mise à jour obligatoire du logiciel de leurs flottes d’Airbus A320 et A321. Cette mise à jour, demandée par Airbus et l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA), est une mesure de précaution visant à garantir la navigabilité des appareils. Le secrétaire aux Transports, Giovanni Lopez, a souligné l’importance de cette mise à jour pour la sécurité des passagers.
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