Publié le 21 novembre 2023 22h36. L’administration américaine pousse l’Ukraine à accepter un plan de paix négocié, sous peine de voir son soutien militaire et ses renseignements américains compromis, alors que Moscou se dit ouvert à des discussions basées sur ce projet.
- Les États-Unis fixent implicitement un délai à l’Ukraine pour accepter son plan de paix, avec une échéance de jeudi prochain, jour de Thanksgiving aux États-Unis.
- Washington menace de suspendre l’aide militaire et le partage de renseignements si Kyiv refuse de négocier.
- Le président russe Vladimir Poutine a déclaré que le plan américain pourrait servir de base à une solution pacifique, tout en exprimant des doutes sur la volonté de l’Ukraine de négocier.
Donald Trump, l’ancien président américain, affirme que l’Ukraine n’aura d’autre choix que d’accepter son plan de paix, estimant que le temps presse pour mettre fin aux combats et anticiper l’hiver. Dans une interview à Fox News Radio, il a déclaré : « Quand tout va bien, on a tendance à prolonger les délais, mais jeudi est un moment approprié à notre avis. »
Selon plusieurs sources proches du dossier, citées par le Washington Post, l’ultimatum américain est assorti d’une menace claire : si l’Ukraine résiste au plan de paix, elle risque de perdre le soutien financier et militaire des États-Unis. L’agence Reuters précise que Washington pourrait également cesser de partager des informations de renseignement cruciales avec Kyiv, afin de faire pression sur le gouvernement ukrainien.
Le plan de paix américain, composé de 28 points, est controversé car il exige des concessions territoriales importantes de la part de l’Ukraine, notamment la reconnaissance de facto de l’annexion de la Crimée et des régions de Donetsk et Louhansk par la Russie. Il prévoit également l’abandon définitif de toute perspective d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN.
Volodymyr Zelensky a juré à ses compatriotes de ne pas céder face à la pression, tout en assurant qu’il reste ouvert à la diplomatie. Dans un discours vidéo, il a souligné que l’Ukraine était confrontée à un choix difficile : « Soit vous perdez votre dignité, soit vous risquez de perdre votre partenaire clé. » Il a également indiqué avoir discuté du plan avec le vice-président américain JD Vance pendant près d’une heure, et s’être engagé à travailler avec les États-Unis et l’Europe pour trouver une voie réaliste vers la paix.
Le chancelier allemand Olaf Scholz s’est entretenu par téléphone avec Donald Trump vendredi au sujet de ce plan. Selon un porte-parole du gouvernement allemand, l’appel a été « confiant et constructif », et les prochaines étapes de la coordination entre les conseillers des deux parties ont été convenues.
Vladimir Poutine a déclaré que le plan américain, qu’il a reçu et examiné, pourrait servir de base à une solution pacifique, estimant qu’il s’agissait d’une version modernisée des discussions antérieures. Il a toutefois exprimé des doutes quant à la volonté de l’Ukraine d’accepter ces propositions, affirmant que Kyiv et ses alliés européens continuaient de croire qu’ils pouvaient infliger une défaite stratégique à la Russie sur le champ de bataille.
Poutine a également accusé les Européens d’être mal informés sur la situation réelle sur le terrain, citant notamment la ville de Koupiansk, dans la région de Kharkiv, qu’il affirme avoir été capturée par ses troupes (information non confirmée par l’Ukraine). Il a réitéré que la Russie restait prête à négocier une solution pacifique.
Selon le magazine Axios, les États-Unis auraient également offert à l’Ukraine des garanties de sécurité similaires à celles prévues par l’article 5 de l’OTAN, stipulant qu’une attaque armée significative de la Russie contre l’Ukraine serait considérée comme une menace pour la paix transatlantique, et entraînerait une réponse collective des membres de l’OTAN. Ces garanties seraient valables pendant dix ans après la signature de l’accord.
Plus d’informations sur les garanties de sécurité proposées par les États-Unis (Tagesspiegel)
Le plan de paix américain en 28 points (Tagesspiegel)
L’UE importe plus de Russie qu’elle n’aide l’Ukraine (Tagesspiegel)
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