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Abu Dhabi a triplé le Bitcoin au troisième trimestre 2025 avant le crash

Publié le 20 novembre 2025 10h43. Le fonds souverain d'Abou Dhabi, l'Abu Dhabi Investment Council (ADIC), a considérablement augmenté ses investissements dans le Bitcoin avant la récente chute des cryptomonnaies, signalant un intérêt croissant des grandes institutions financières…

Abu Dhabi a triplé le Bitcoin au troisième trimestre 2025 avant le crash

Publié le 20 novembre 2025 10h43. Le fonds souverain d’Abou Dhabi, l’Abu Dhabi Investment Council (ADIC), a considérablement augmenté ses investissements dans le Bitcoin avant la récente chute des cryptomonnaies, signalant un intérêt croissant des grandes institutions financières pour cet actif numérique.

  • L’ADIC a triplé sa participation dans le fonds iShares Bitcoin Trust (IBIT) de BlackRock au troisième trimestre, atteignant près de 8 millions d’actions, soit une valeur d’environ 518 millions de dollars (environ 480 millions d’euros).
  • Cette accumulation d’actifs s’est produite quelques semaines avant l’atteinte d’un pic historique par le Bitcoin, suivie d’une forte baisse due à des opérations à effet de levier sur le marché.
  • L’ADIC justifie cette stratégie par une volonté de diversification à long terme, considérant le Bitcoin comme une alternative numérique à l’or.

L’Abu Dhabi Investment Council (ADIC) a affiché une confiance notable dans le Bitcoin avant la récente volatilité du marché des cryptomonnaies. Selon des documents réglementaires, le fonds souverain a multiplié par trois sa participation dans l’iShares Bitcoin Trust (IBIT) de BlackRock au cours du troisième trimestre. Au 30 septembre, l’ADIC détenait près de 8 millions d’actions IBIT, représentant une valeur d’environ 518 millions de dollars (environ 480 millions d’euros), contre seulement 2,4 millions d’actions trois mois plus tôt, selon Bloomberg.

Cet investissement massif a été réalisé quelques semaines seulement avant que le Bitcoin n’atteigne un nouveau sommet historique en octobre, avant de chuter sous la barre des 92 000 dollars (environ 86 000 euros) en raison d’une liquidation massive sur le marché. L’ADIC a cependant précisé que cette opération s’inscrit dans une stratégie de diversification plus large et à long terme. Un porte-parole a expliqué que le Bitcoin est perçu comme une contrepartie numérique de l’or et que cette allocation vise à compléter les actifs de réserve de valeur traditionnels du fonds.

« Nous considérons le Bitcoin comme un actif stratégique à long terme qui peut offrir une diversification à notre portefeuille. »

Porte-parole de l’ADIC

L’ADIC n’est pas le seul fonds souverain à s’intéresser de près au Bitcoin. Mubadala Investment Co., la société mère de l’ADIC, détenait également 8,7 millions d’actions IBIT, d’une valeur de 567 millions de dollars (environ 530 millions d’euros), à la fin du troisième trimestre, un niveau inchangé par rapport au trimestre précédent. D’autres institutions de renom, comme Harvard, ont également augmenté leurs positions dans l’IBIT au cours de la même période.

Cependant, l’enthousiasme initial semble s’être quelque peu estompé depuis le krach d’octobre. Les ETF Bitcoin au comptant aux États-Unis ont enregistré des sorties nettes d’environ 3,1 milliards de dollars (environ 2,9 milliards d’euros) en novembre, selon les données de Bloomberg. L’IBIT a subi à lui seul des rachats records d’une valeur de 523 millions de dollars (environ 490 millions d’euros) en une seule journée, après que le Bitcoin soit tombé sous un seuil de prix clé, laissant de nombreux investisseurs d’ETF en perte.

L’augmentation de l’allocation de l’ADIC est d’autant plus significative qu’Abou Dhabi ambitionne de devenir un centre mondial pour les technologies financières et les actifs numériques. Les fonds de richesse souverains de l’émirat gèrent collectivement plus de 1 700 milliards de dollars (environ 1 580 milliards d’euros), et Mubadala a déjà joué un rôle important dans le développement des actifs numériques dans la région. Récemment, MGX, une société d’investissement technologique soutenue par Mubadala, a acquis une participation de 2 milliards de dollars (environ 1,85 milliard d’euros) dans Binance en utilisant un stablecoin lié à la famille de l’ancien président américain Donald Trump.

Au sein de l’ADIC, cette poussée vers le Bitcoin s’inscrit dans une stratégie plus large d’expansion mondiale. Créé en 2007, puis intégré à la structure de Mubadala, le conseil continue de fonctionner avec son propre mandat et sa propre stratégie d’investissement. Il a récemment renforcé son équipe de direction en recrutant des experts tels qu’Alain Carrier, ancien responsable des affaires internationales à l’Office d’investissement du régime de pensions du Canada, et Ben Samild, auparavant chef des investissements au fonds souverain australien, selon Bloomberg.

Malgré la volatilité persistante des cryptomonnaies, la position d’Abou Dhabi souligne un changement de perception : les grands fonds souverains sont de plus en plus disposés à considérer le Bitcoin comme un actif stratégique à long terme. D’autres gouvernements suivent cette tendance, comme Salvador, qui a ajouté plus de 100 millions de dollars (environ 93 millions d’euros) en Bitcoin cette semaine, la banque centrale tchèque, qui a divulgué son premier achat de cryptomonnaie, et le Kazakhstan, qui est en train de constituer un fonds de réserve national de cryptomonnaie pouvant atteindre 1 milliard de dollars (environ 930 millions d’euros).

Le prix du Bitcoin se situe actuellement autour de 90 300 dollars (environ 84 000 euros).

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.