Publié le 13 décembre 2026 à 04h05. Le secrétaire général de l’OTAN a lancé un appel à la préparation face à une Russie qu’il juge de plus en plus agressive, lors d’une visite à Berlin marquant le 36e anniversaire de la chute du mur. Il insiste sur la nécessité d’une augmentation significative des dépenses militaires et d’un soutien continu à l’Ukraine.
- L’OTAN doit adopter une « mentalité de guerre » face à la menace russe, qui considère l’Alliance comme sa prochaine cible.
- Les Alliés se sont engagés à investir 5 % de leur PIB dans la défense d’ici 2035 et à augmenter la production d’armement.
- La Russie a intensifié ses attaques contre l’Ukraine, lançant plus de 46 000 drones et missiles depuis le début de l’année.
En se rendant à Berlin, le secrétaire général de l’OTAN a évoqué le souvenir de Manfred Wörner, son prédécesseur qui, en novembre 1989, s’était précipité en Allemagne pour célébrer la chute du mur. Un fragment de ce mur est aujourd’hui exposé au siège de l’OTAN, symbole de la victoire de la liberté. Mais, a-t-il averti, les forces obscures de l’oppression sont de nouveau à l’œuvre, et l’Alliance doit se préparer à relever ce défi.
« Lorsque je suis devenu secrétaire général de l’OTAN l’année dernière, j’ai prévenu que ce qui se passait en Ukraine pouvait également arriver aux pays alliés et que nous devions adopter une mentalité de guerre », a-t-il déclaré. Il a souligné que les décisions prises lors du sommet de La Haye – l’engagement d’investir 5 % du PIB dans la défense d’ici 2035, l’augmentation de la production d’armement et le soutien continu à l’Ukraine – ne suffisent pas. Il a appelé à une action immédiate, insistant sur le fait que le temps ne joue pas en faveur de l’Alliance.
Selon le secrétaire général, la Russie est devenue « encore plus effrontée, irresponsable et impitoyable » envers l’OTAN et l’Ukraine. Il a rappelé les avertissements du président Reagan, il y a plusieurs décennies, concernant les « impulsions agressives d’un empire du mal ». Aujourd’hui, a-t-il affirmé, le président Poutine s’efforce de reconstruire un empire, en sacrifiant des vies humaines et en détruisant les infrastructures essentielles de l’Ukraine.
Les chiffres sont alarmants : plus de 46 000 drones et missiles russes ont été lancés contre l’Ukraine depuis le début de l’année. La Russie produirait actuellement environ 2 900 drones d’attaque par mois, ainsi qu’un nombre similaire d’appâts pour saturer les défenses aériennes. En 2025, la production de missiles de croisière et de missiles balistiques a atteint environ 2 000 unités, et devrait bientôt atteindre son apogée.
Le coût humain de cette agression est également considérable. Plus de 1,1 million de victimes russes ont été recensées depuis le début de la guerre en 2022, avec une moyenne de 1 200 soldats tués ou blessés chaque jour en 2026. « Poutine paie sa fierté avec le sang de son propre peuple », a déclaré le secrétaire général, se demandant ce qu’il serait prêt à faire pour atteindre ses objectifs.
Il a dénoncé la transformation de l’économie russe, désormais axée sur l’effort de guerre au détriment du bien-être de sa population. Près de 40 % du budget russe sont consacrés à l’agression, et environ 70 % des machines-outils du pays sont utilisées pour la production militaire. Les impôts augmentent, l’inflation s’emballe et l’essence est rationnée. « Le slogan de la prochaine campagne présidentielle de Poutine devrait être : ‘Rendons la Russie faible à nouveau’ », a-t-il ironisé, soulignant l’absence d’élections libres et équitables.