Une revue de recherche publiée dans le journal Menopause montre que l’activité physique, notamment les exercices aérobiques et les pratiques corps-esprit, peut atténuer les symptômes psychologiques et améliorer la qualité de vie des femmes pendant la périménopause et l’early post menopause.
La transition de la ménopause s’accompagne souvent d’importantes turbulences psychologiques. Selon le American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG), environ quatre femmes sur dix subissent des troubles de l’humeur semblables au syndrome prémenstruel durant la périménopause, incluant une baisse d’énergie, de l’irritabilité, de l’anxiété et des difficultés de concentration.
Face à ces défis, une équipe de chercheurs s’est penchée sur l’efficacité d’une approche non pharmacologique. Dirigée par des scientifiques de l’University College London, une vaste méta-analyse a examiné 12 essais contrôlés randomisés regroupant plus de 1 000 femmes dans sept pays, dont la Chine, le Brésil et les États-Unis. L’objectif était de déterminer si le mouvement pouvait servir de levier thérapeutique face aux fluctuations hormonales de la mi-vie.
Les bénéfices comparés des activités aérobiques et des pratiques corps-esprit
Les chercheurs n’ont pas isolé une routine unique idéale, mais ont classé les interventions en deux grandes catégories pour analyser leurs impacts spécifiques sur la santé mentale des participantes. Cette distinction permet de nuancer les bienfaits selon la nature de l’effort physique engagé.

- Les activités aérobiques (ABIs) : Cette catégorie regroupe la marche, la danse, le Zumba, l’aérobic et le taekwondo. Les analyses indiquent que ces mouvements procurent les effets les plus marqués sur la réduction des symptômes dépressifs et l’amélioration de la qualité de vie globale. La libération d’endorphines favorise l’apaisement de l’humeur, un atout précieux lors de la périménopause où la baisse des œstrogènes fragilise l’équilibre émotionnel. De plus, ces séances demandent souvent moins d’inscriptions hebdomadaires, facilitant leur intégration dans des emplois du temps contraints.
- Les activités corps-esprit (MBAs) : Composées de yoga, de tai-chi, de Pilates et d’exercices d’étirement, elles se distinguent par un impact particulièrement fort sur la qualité de vie psychologique. En associant la respiration, la pleine conscience et la conscience corporelle, elles renforcent la régulation des émotions. Les essais analysés impliquaient par exemple des séances régulières de yoga d’une heure ou plus par jour selon les protocoles.
Au-delà de la dépense énergétique, les chercheurs soulignent la dimension collective de ces pratiques. The majority of the interventions also used group-based formats, likely to foster social connection and peer support, both being factors associated with improved quality of life during menopause, explique le Professeur Aimee Spector, directrice du UCL Menopause Mind Lab, dans des propos rapportés par l’institution universitaire.
Les limites méthodologiques et l’accès aux traitements hormonaux
Malgré des résultats encourageants, la portée de ces conclusions s’accompagne d’importantes réserves. Dix des douze études évaluées présentaient un risque élevé de biais en raison de l’autodéclaration des symptômes ou de l’absence de dispositif d’aveuglement pour les participantes qui savaient qu’elles faisaient de l’exercice.
Ces nuances rejoignent l’analyse de la psychologue clinicienne Simone Saidel, autrice principale de l’étude menée à l’UCL, qui met en garde contre une injonction culpabilisante envers les femmes en difficulté : Il est important que les femmes ne se sentent pas simplement obligées d’augmenter leur exercice si elles ont toujours des difficultés
, rapporte le magazine Good Housekeeping. L’experte rappelle que les options thérapeutiques restent restreintes, entravées par des inégalités d’accès au traitement hormonal substitutif et des variations culturelles face à cette option médicale.
Dans cette optique, l’activité physique ne prétend pas se substituer aux soins médicaux mais s’impose comme un outil d’accompagnement. Cette étude joue un rôle important dans l’élargissement des options disponibles pour la gestion des symptômes, permettant aux cliniciens de la recommander comme intervention précoce ou complément aux traitements médicaux ou psychologiques
, souligne Simone Saidel selon l’étude publiée dans le journal Menopause.
L’avis des cliniciens sur l’autogestion des symptômes au quotidien
Pour les expertes interrogées par la presse spécialisée, la pratique sportive doit s’envisager sans pression excessive. Le Dr Katya Rubinow, endocrinologue à UW Medicine, insiste sur le fait que le sport régulier aide à réguler le stress et à améliorer le sommeil, bien qu’il ne modifie en rien les bouleversements ovariens sous-jacents de la ménopause.
Cette étude joue un rôle important dans l'élargissement des options disponibles pour la gestion des symptômes, permettant aux cliniciens de la recommander comme intervention précoce ou complément aux traitements médicaux ou psychologiques
, a déclaré Dr Katya Rubinow, endocrinologue à UW Medicine.
À défaut d’un programme unique universel, les recommandations de santé publique de référence, telles que celles émises par les Centers for Disease Control and Prevention, conseillent au moins 150 minutes d’activité modérée ou 75 minutes d’exercice vigoureux par semaine. Les chercheuses invitent toutefois chaque femme à observer ses propres réactions physiques et psychologiques après l’effort pour adapter durablement son rythme.