« Cette mère voulait protéger son enfant. Mais les rumeurs ont alimenté la peur qui a influencé sa décision. Lorsqu’une famille perçoit le centre de traitement comme une menace, elle peut hésiter à demander de l’aide, alors même que l’état de son proche se détériore. » La République démocratique du Congo a lancé le 29 octobre 2026 à Kisangani les travaux de la Revue intra-action pour évaluer la gestion de la 17e épidémie d’Ebola.
Cette évaluation de trois jours rassemble autorités sanitaires et partenaires afin d’analyser les stratégies de terrain et de corriger les difficultés opérationnelles.
À Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, les acteurs de la riposte sanitaire se sont réunis pour passer en revue les interventions menées depuis le début de la crise. L’exercice, baptisé Revue intra-action ou RIA, s’est ouvert le jeudi 29 octobre sous la présidence du directeur de cabinet du ministre de la Santé publique, hygiène et prévoyance sociale, ainsi que le rapportent les autorités sanitaires et leurs partenaires.
Évaluer les stratégies de terrain à Kisangani
Pendant trois jours, les participants examinent les acquis, les bonnes pratiques et les goulots d’étranglement rencontrés lors des interventions. L’Institut national de santé publique participe activement à ces assises aux côtés des experts de la coordination stratégique multisectorielle et des partenaires techniques et financiers. L’objectif consiste à identifier les approches ayant donné de bons résultats tout en analysant les difficultés opérationnelles pour ajuster les plans d’action futurs.
Les différents acteurs échangent leurs expériences de terrain afin de consolider la coordination multisectorielle et de se préparer à d’éventuelles résurgences. Les conclusions de cet atelier sont attendues comme un outil d’aide à la décision pour orienter les priorités des autorités sanitaires.
🇨🇩 #RDC | #RIPOSTE_EBOLA : À KISANGANI, LA RIPOSTE PASSE EN REVUE SES ACQUIS ET SES DÉFIS📍 Kisangani, 29 octobre 2026. La Revue Intra-Action (RIA) de la riposte contre la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola, organisée par le SGI MVE17, s’est ouverte sous la présidence du… pic.twitter.com/F8BtjJqoEf
Affronter la désinformation dans la recherche de soins
Entre mai et septembre 2026, plus de 34 650 éléments de contenu en ligne, incluant des rumeurs, ont été analysés pour adapter la communication de crise. L’Organisation mondiale de la santé documente les conséquences dramatiques de la rumeur sur les décisions des familles, illustrées par le parcours tragique d’une mère prénommée Jeanne à Bunia dont le fils de six ans, présentant des symptômes s’apparentant au paludisme puis à Ebola, a été confié tardivement à un guérisseur traditionnel avant d’arriver dans un état critique dans une structure de soins où il est décédé quarante-huit heures plus tard.
Cette mère voulait protéger son enfant. Mais les rumeurs ont alimenté la peur qui a influencé sa décision. Lorsqu’une famille perçoit le centre de traitement comme une menace, elle peut hésiter à demander de l’aide, alors même que l’état de son proche se détériore.
Salif Diarra, analyste de l’écoute sociale à l’OMS
Pour contrer ces résistances, des équipes conjointes du ministère de la Santé et de l’OMS analysent trois fois par semaine les informations recueillies auprès des communautés via les réseaux sociaux, les médias et le numéro gratuit 151. Dans la zone de santé de Rwampara, des séances de démystification ont été organisées, tandis qu’une centaine de guérisseurs traditionnels, 20 influenceurs des réseaux sociaux et 150 opérateurs de lignes téléphoniques ont reçu une formation spécifique.

Par ailleurs, à Ituri, Frédérick Mungobijira, responsable de la gestion des infodémies, signale que des dialogues communautaires menés dans l’aire de santé de Katogu ont permis de renouer le contact avec des communautés initialement réticentes, tandis que Jeanne bénéficie désormais d’un accompagnement pour surmonter son deuil.