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AFA contradictoire – La Voz de San Justo

Publié le 17 octobre 2025 17:50:00. L'Église catholique argentine s'élève contre la prolifération de la publicité pour les jeux d'argent sur les maillots de football, dénonçant une « pandémie silencieuse » de dépendance qui menace la jeunesse et…

AFA contradictoire – La Voz de San Justo

Publié le 17 octobre 2025 17:50:00. L’Église catholique argentine s’élève contre la prolifération de la publicité pour les jeux d’argent sur les maillots de football, dénonçant une « pandémie silencieuse » de dépendance qui menace la jeunesse et l’intégrité du sport. Cette prise de position intervient alors que le débat s’intensifie au sein du Sénat et que l’AFA défend ardemment ses contrats de sponsoring.

  • L’Église catholique argentine critique fermement la publicité pour les jeux d’argent sur les maillots de clubs de football.
  • Un scandale de matchs truqués impliquant des dirigeants et des joueurs du club Atenas de Río Cuarto a relancé le débat.
  • L’AFA défend les contrats publicitaires, arguant qu’ils sont essentiels à la pérennité financière des clubs.

Le Vicaire Pastoral de l’Archevêché de Cordoue, Munir Bracco, a exposé les préoccupations de l’Église devant plusieurs commissions du Sénat de la Nation. Il a dénoncé une situation où

« le maillot de foot devient une publicité pour un médicament »

Munir Bracco, Vicaire Pastoral de l’Archevêché de Cordoue

, soulignant les dangers de la dépendance au jeu. Selon lui, cette dépendance, qu’il qualifie de « pandémie silencieuse », « détruit des vies ».

Cette prise de position fait écho aux déclarations précédentes du cardinal Ángel Rossi, qui avait déjà exprimé son inquiétude quant à l’influence de ces publicités sur les jeunes. Le cardinal avait affirmé que le maillot de football, censé inspirer les enfants, se transforme en un support publicitaire comparable à une drogue,

« car c’est aussi une drogue, même si sans substance légale ou illégale, il la détruit »

Cardinal Ángel Rossi

. Il déplore également une perte de la culture sportive authentique, où l’attention se focalise désormais sur les enjeux financiers plutôt que sur le jeu lui-même :

« Les enfants n’apprécient plus le football, ils vivent en se demandant si c’est un but, si c’est un bâton, si c’est un carton jaune, si c’est un carton rouge et un penalty pour voir combien ils gagnent. Même la culture sportive des champions du monde est en train d’être détruite »

Cardinal Ángel Rossi

.

Le débat a été ravivé par un récent scandale impliquant des dirigeants, des joueurs et des associés du club Atenas de Río Cuarto, accusés d’avoir truqué un match de la Fédérale A – la même division que le Sportivo Belgrano. Si ces accusations sont avérées, elles souligneraient la gravité du problème et la vulnérabilité du football argentin face à la corruption.

Face à ces critiques, l’AFA (Association Argentine de Football) a défendu avec vigueur ses contrats publicitaires avec les sociétés de paris sportifs. En séance plénière des commissions sénatoriales, un membre du Comité exécutif, Méndez Cartier, a déclaré :

« Nous ne défendons pas des intérêts commerciaux, nous défendons la pérennité des clubs et leur rôle social. Si l’interdiction totale était approuvée, ce serait un coup financier historique qui mettrait en danger le football professionnel et la fonction sociale que remplissent nos institutions »

Méndez Cartier, membre du Comité exécutif de l’AFA et président d’Excursionistas

.

Cependant, la position de l’AFA est jugée incohérente par ses détracteurs. L’instance dirigeante du football argentin affirme que l’interdiction de la publicité sur les paris mettrait en péril la survie des clubs, tout en refusant d’explorer d’autres sources de financement, telles que l’adoption de formes juridiques alternatives (sociétés anonymes sportives, coopératives mixtes, trusts ou fondations sportives). Il est souligné que si l’AFA prône le modèle des clubs sociaux à but non lucratif, elle ne peut soutenir financièrement ces structures par le biais d’une activité qui génère des dommages sociaux et contredit leur vocation éducative et communautaire.

Les critiques insistent sur le fait que le rôle social des clubs ne doit pas être financé par des activités nuisibles à la santé publique et au bien-être des familles. La dépendance au jeu est reconnue comme une addiction grave, une véritable « pandémie silencieuse ». Il est donc légitime de s’interroger sur la stratégie des dirigeants du football qui se présentent comme des défenseurs du tissu social tout en profitant d’une activité qui touche particulièrement les jeunes, les rendant vulnérables et dépendants.

Enfin, l’argument du « coup d’État financier historique » est contesté. Plusieurs pays européens ont déjà interdit la publicité pour les paris sportifs dans le football professionnel sans pour autant provoquer l’effondrement financier des clubs. Dans ces cas, les clubs ont su adapter leur stratégie commerciale et ajuster leurs budgets.

En définitive, le débat met en lumière une contradiction flagrante : la défense de la « pureté » du football financée par l’argent des paris, qui détruisent la vie de nombreux supporters de ce sport.

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À propos de l’auteur: Camille Renault

Camille Renault couvre le sport français et international, avec une attention particulière au football, au rugby, au tennis et aux grands rendez-vous de compétition. Son écriture conjugue précision, rythme et sens du résultat.