Les grandes pénuries de main-d’œuvre se poursuivront dans les industries alimentaires et hôtelières

Malgré des niveaux de chômage record au Canada, de nombreux secteurs souffrent de pénuries de main-d’œuvre au deuxième trimestre de 2022, les restaurants et les hôtels continuant d’être parmi les plus touchés.

Selon une nouvelle enquête de Statistique Canada, près des deux tiers (64 %) des entreprises du secteur de l’hébergement et de la restauration ont déclaré qu’elles seraient confrontées à des pénuries de main-d’œuvre au cours des trois prochains mois, soit la plus grande proportion de tous les autres secteurs.

Ce secteur était également le plus susceptible de connaître une augmentation du nombre de postes vacants au cours des trois prochains mois. En mars 2022, les postes vacants dans ce secteur sont passés à 12,8 %, soit le taux le plus élevé de tous les secteurs pour le 11e mois consécutif.

Statistique Canada a mené l’enquête du début avril au début mai 2022. Au cours de cette période, les entreprises ayant plus d’employeurs étaient également plus à risque de perdre leurs employés au cours des trois prochains mois.

Sur la base de ces résultats, les employés peuvent être tenus de consacrer plus d’heures de travail pour surmonter les obstacles au travail.

Le rapport arrive à un moment où l’inflation actuelle au Canada a atteint 7,7 %, la plus élevée en près de quatre décennies. Dans un récent rapport, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a souligné la pénurie de main-d’œuvre et les pressions salariales au Canada et a déclaré qu’une immigration plus élevée pourrait aider à résoudre ces problèmes.

Les entreprises qui s’attendaient à des pénuries de main-d’œuvre appartenaient en grande partie à celles comptant un nombre élevé d’employés. Les grandes entreprises de plus de 19 employés prévoient que la pénurie de main-d’œuvre sera un obstacle plus important au cours des trois prochains mois que les petites entreprises de moins de 19 employés.

Lire aussi  Greensill a utilisé les prêts des contribuables pour réduire son exposition à Sanjeev Gupta

Les grandes entreprises de plus de 20 employés étaient également plus susceptibles de s’attendre à ce que leur nombre de postes vacants augmente au cours du prochain trimestre que les petites entreprises de moins de 19 employés.

Recrutement, rétention de personnel qualifié et plus d’heures de travail

Parmi les entreprises qui s’attendent à des pénuries de main-d’œuvre, près des trois cinquièmes (58,7 %) ont déclaré que le recrutement et la fidélisation du personnel étaient plus difficiles maintenant qu’il y a 12 mois, selon le rapport.

Près des deux cinquièmes (36,9 %) des entreprises s’attendaient à ce que le recrutement de main-d’œuvre qualifiée soit un défi et plus du quart (27,6 %) des entreprises s’attendaient à ce que la rétention de personnel qualifié soit un obstacle.

Selon le rapport, les entreprises de construction (49,5%) et de fabrication (47,4%) étaient les plus susceptibles de faire face à des défis de recrutement de main-d’œuvre qualifiée au cours des trois prochains mois. La rétention des employés qualifiés a été la plus élevée dans les services d’hébergement et de restauration (42,4 %), suivis des soins de santé et de l’assistance sociale.

Avec des défis de main-d’œuvre croissants, les services professionnels, scientifiques et techniques étaient plus susceptibles de s’attendre à ce que la direction (68,2 %) et le personnel existant (63,5 %) travaillent plus d’heures afin de relever les défis de main-d’œuvre.

L’enquête a également révélé des attentes différentes en matière de recrutement, de rétention et d’heures de travail liées au nombre d’employés de chaque entreprise.

Le maintien en poste des employés qualifiés était un obstacle pour près des trois cinquièmes (56,5 %) et près de la moitié (48,4 %) ayant 100 employés ou plus et de 20 à 99 employés, respectivement. Ce chiffre était légèrement inférieur (36,6 %) pour les entreprises de 5 à 19 employés et inférieur à un cinquième (17,2 %) pour les très petites entreprises de moins de quatre employés.

L’analyse de Statistique Canada a montré que le recrutement d’employés qualifiés était un obstacle pour près des deux tiers des entreprises de 20 à 99 employés (65 %), suivies de celles de plus de 100 employés (62,8 %).

Même les plus petites entreprises s’attendaient à ce que le recrutement de personnel qualifié soit un défi au cours des trois prochains mois – plus de la moitié (52 %) des entreprises de 5 à 19 employés soulevant des problèmes d’embauche.

En ce qui concerne la taille de l’entreprise, les grandes entreprises – 100 employés ou plus (61,4%) et 20 à 99 employés (59,3%) – ont ressenti le besoin d’ajouter plus d’heures de travail par rapport aux petites entreprises – 5 à 19 employés (47,1%) et 1 à 4 salariés (40,5%).

Inflation et négociations salariales

Afin d’attirer du personnel qualifié et de conserver les anciens pendant l’inflation, les entreprises peinent à ajuster leurs plans salariaux actuels.

Le problème est plus important pour les entreprises employant plus de cinq personnes, sept entreprises sur dix s’attendant à ce que l’inflation soit un problème lors des négociations salariales.

Cela signifie une augmentation du salaire horaire moyen. Au premier trimestre 2022, 45 % des entreprises ont déclaré qu’elles prévoyaient d’augmenter leurs salaires au cours de l’année à venir.

Cependant, avec l’inflation en hausse, plus de la moitié (55,2 %) des entreprises s’attendent à ce que le coût de la vie élevé soit un problème plus important lorsqu’elles discutent des augmentations de salaire avec leurs employés.

Cela est particulièrement vrai pour les services d’hébergement et de restauration (76,1 %), suivis de près par la fabrication (70,9 %).

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Recent News

Editor's Pick