Un journaliste britannique critique de la politique israélienne à Gaza a été interpellé dimanche à l’aéroport international de San Francisco par les autorités américaines. Cette arrestation, qui intervient alors que l’administration Trump intensifie son contrôle sur les visas et les entrées sur le territoire américain, suscite des accusations de répression politique.
Sami Hamdi, journaliste et activiste, a été arrêté par des agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). Le Conseil sur les relations américano-islamiques (CAIR), un groupe de défense des droits civiques, a annoncé la nouvelle sur X (anciennement Twitter), affirmant que l’arrestation s’était produite en réponse aux critiques virulentes de Hamdi à l’égard du gouvernement israélien lors d’une tournée de conférences aux États-Unis. Il avait notamment participé à un gala organisé par CAIR en Californie et devait se rendre en Floride pour un autre événement.
« Nous pouvons confirmer que M. Hamdi n’a pas été expulsé et reste en détention », a précisé CAIR dans un communiqué. L’organisation a indiqué que ses avocats travaillaient à contester cette arrestation.
Le Département de la sécurité intérieure (DHS) a confirmé l’interpellation. La secrétaire adjointe du DHS, Tricia McLaughlin, a justifié la mesure sur X en déclarant : « Sous le président Trump, ceux qui soutiennent le terrorisme et mettent en danger la sécurité nationale américaine ne seront pas autorisés à travailler ou à visiter ce pays. C’est du bon sens. » Elle a également cité un rapport du groupe RAIR, qui accuse Hamdi d’approuver le terrorisme et de collaborer avec des réseaux terroristes.
L’activiste d’extrême droite Laura Loomer, qui se décrit comme une « fière islamophobe » et conseillère de l’administration Trump, s’est également attribuée le mérite de l’arrestation. Elle a affirmé avoir dénoncé Hamdi aux autorités fédérales de l’immigration pour son « soutien documenté au terrorisme islamique ».
Sami Hamdi est connu pour ses critiques acerbes de l’offensive israélienne à Gaza, qu’il a qualifiée de génocide, rejoignant ainsi de nombreux observateurs internationaux. Il avait également salué l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre comme un moment important dans la lutte pour l’autodétermination palestinienne. Dans un message publié en mai sur X, il affirmait s’opposer au « racisme, à l’islamophobie, à l’antisémitisme, au génocide et aux crimes de guerre ».
Cette arrestation s’inscrit dans une politique plus large de l’administration Trump visant à réexaminer le statut de tous les 55 millions de ressortissants étrangers détenteurs d’un visa de voyage valide, afin d’éliminer les « menaces à la sécurité » et toute personne « soutenant les terroristes ». La Maison Blanche a souvent utilisé ces accusations contre des militants critiquant Israël.
En août, l’administration Trump avait annoncé son intention de revoir les visas de tous les étrangers présents sur le territoire américain. Par ailleurs, plusieurs non-citoyens critiques d’Israël ont été arrêtés et ont fait l’objet de tentatives d’expulsion, accusés de soutenir le terrorisme pour des actions allant de la participation à des manifestations étudiantes à la publication d’articles d’opinion.
Le mois dernier, un juge fédéral a statué que le secrétaire d’État Marco Rubio et la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem avaient illégalement restreint la liberté d’expression des étudiants et professeurs pro-palestiniens en menaçant de révoquer leurs visas, puis de les arrêter, de les détenir et de les expulser. Le juge a qualifié cette action d’« assaut généralisé contre le Premier amendement sous le couvert d’une définition inconstitutionnellement large de l’antisémitisme ».