Home DivertissementAimone de Savoie : « Emmanuel Filiberto a une connaissance déformée de l’histoire, j’ai essayé de lui expliquer mais j’ai perdu du temps. Aujourd’hui, en Italie, il y a une République et elle doit être respectée”

Aimone de Savoie : « Emmanuel Filiberto a une connaissance déformée de l’histoire, j’ai essayé de lui expliquer mais j’ai perdu du temps. Aujourd’hui, en Italie, il y a une République et elle doit être respectée”

by Antoine Girard

Publié le 1er novembre 2025 à 22h07. Le prince Aimone de Savoie-Aoste, dirigeant chez Pirelli, défend l’histoire de sa famille face aux accusations de complicité avec le régime fasciste, tout en appelant à une réconciliation interne au sein de la Maison de Savoie.

  • Le prince Aimone réfute les affirmations de son cousin, Emanuele Filiberto, concernant la proximité de leurs ancêtres avec Mussolini et les lois raciales.
  • Il souligne que son grand-oncle, le duc d’Aoste, avait ouvertement critiqué ces lois dans ses écrits personnels.
  • Aimone de Savoie insiste sur l’importance de transmettre aux générations futures une connaissance précise de l’histoire de l’Italie et de la Maison de Savoie.

Dans un entretien accordé à Corriere della Sera, le prince Aimone de Savoie-Aoste a pris la défense de sa famille suite aux déclarations controversées de son cousin, Emanuele Filiberto. Ce dernier avait notamment suggéré que la République italienne était née dans un contexte de fragilité et que les Savoie étaient injustement pointés du doigt. Le prince Aimone rejette fermement cette interprétation, estimant qu’elle déforme l’histoire et nuit à la réputation de la Maison de Savoie.

« La République est née dans une période très compliquée », a déclaré le prince Aimone, fils d’Amédée d’Aoste. Il nuance cependant l’analyse de son cousin, rappelant que le référendum de 1946, bien qu’entaché de controverses sur le décompte des voix et marqué par une forte abstention, avait vu près de la moitié des Italiens se prononcer en faveur du maintien de la monarchie. Il souligne également qu’Umberto II avait choisi l’exil pour éviter des affrontements sanglants, alors même que les recours concernant les résultats du référendum n’avaient pas encore été examinés.

Le prince Aimone se montre particulièrement ferme sur la question des lois raciales. Il dénonce une « connaissance légèrement déformée de l’histoire » de la part de son cousin, en rappelant que, en 1938, le duc d’Aoste, son grand-oncle Amedeo, alors vice-roi d’Éthiopie et décoré de la médaille d’or de la valeur militaire, avait critiqué ouvertement ces lois et l’attitude de Mussolini dans ses journaux personnels. « Aucun historien n’a jamais exprimé la déclaration bizarre de mon cousin », ajoute-t-il.

Il réfute également l’idée d’une proximité entre son arrière-grand-père, Emanuele Filiberto, et Mussolini lors de la marche sur Rome, soulignant que Vittorio Emanuele III l’avait nommé maréchal d’Italie et avait assisté à ses funérailles en 1931.

Le prince Aimone évoque également son propre désir de servir l’Italie, même après la proclamation de la République. Il a été officier de marine sur la frégate Maestrale, une expérience qu’il considère comme un « grand honneur » et une « merveilleuse école de vie ». Il insiste sur le respect dû à la République actuelle, tout en soulignant l’importance de l’histoire monarchique pour comprendre l’identité italienne. « Les déclarations de mon cousin contribuent malheureusement à discréditer l’histoire de la maison et de l’Italie elle-même », déplore-t-il.

Concernant les tentatives de réconciliation au sein de la famille, le prince Aimone admet avoir essuyé des échecs. Il estime que les querelles entre ses parents, Amedeo d’Aoste et Vittorio Emanuele de Savoie, étaient liées à une époque révolue et qu’il est temps de dépasser ces divisions. Il plaide pour une redéfinition du rôle de la Maison de Savoie, axée sur la préservation de sa mémoire historique plutôt que sur la recherche de fonctions qui n’existent plus.

Marié à la princesse Olga de Grèce depuis 2008, le prince Aimone souhaite transmettre à ses enfants une passion pour l’histoire de l’Italie, du Piémont et de la Savoie. « J’essaie de leur transmettre le respect pour l’histoire millénaire du nom glorieux que nous avons l’honneur de porter », confie-t-il. Il estime que le vote en faveur de la monarchie par près de la moitié des Italiens après la Seconde Guerre mondiale témoigne de la persistance de valeurs profondes.

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