Une prolifération inhabituelle de papillons noirs suscite l’inquiétude en raison des réactions allergiques cutanées qu’ils peuvent provoquer. Loin d’être de simples « mouches qui piquent », ces insectes, dont l’espèce Hylesia nigricans est particulièrement concernée, libèrent des écailles microscopiques irritantes pour les peaux sensibles.
Le naturaliste Ezequiel Nuñez Bustos explique qu’il s’agit d’un phénomène estival courant, mais que l’ampleur de l’invasion actuelle justifie une vigilance accrue. « Ces papillons ne mordent pas, mais leurs écailles peuvent se déposer sur la peau et provoquer des démangeaisons, des rougeurs et des dermatites chez les personnes prédisposées », précise-t-il.
Contrairement à une idée reçue, ces insectes appartiennent à l’ordre des lépidoptères, qui regroupe papillons et mites. « Le terme lépidoptères fait référence à la présence d’écailles sur les ailes, une caractéristique commune à tous les membres de cet ordre », explique M. Nuñez Bustos, membre du Club des Observateurs de Papillons. Il souligne qu’environ 13 % des 170 000 espèces de lépidoptères recensées dans le monde sont des papillons, le reste étant constitué de papillons de nuit.
L’espèce Hylesia nigricans, de la famille des Saturnidés, est au cœur des préoccupations. Les femelles sont noires, tandis que les mâles sont bruns. Leur cycle de développement commence au printemps, et les adultes sont visibles en été, notamment dans les zones humides et à proximité des cours d’eau, où de fortes concentrations peuvent être observées.
Les réactions cutanées sont dues au contact avec les minuscules écailles détachées par les papillons ou présentes sur les surfaces qu’ils ont fréquentées. Il est donc important de noter que le problème n’est pas une piqûre, mais bien une réaction allergique. M. Nuñez Bustos distingue clairement ces papillons noirs des moucherons, qui sont hématophages et se nourrissent de sang.
Ce phénomène d’invasion est récurrent chaque été, bien que l’intensité puisse varier en fonction des conditions environnementales. Les chenilles de ces papillons sont grégaires et se nourrissent de diverses espèces végétales, ce qui explique leur capacité à s’adapter et à proliférer dans différents environnements.
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