Home SantéAlors que la biodiversité diminue, les moustiques se transforment en sang humain

Alors que la biodiversité diminue, les moustiques se transforment en sang humain

by Sophie Martin

Publié le 2024-11-21 18:35:00. La disparition de la biodiversité en forêt atlantique brésilienne pousse les moustiques à se tourner de plus en plus vers le sang humain, augmentant ainsi le risque de transmission de maladies.

  • Une étude récente révèle que les moustiques de la côte est du Brésil préfèrent se nourrir sur les humains plutôt que sur d’autres animaux.
  • La déforestation et la réduction de l’habitat animal forcent les moustiques à adapter leur régime alimentaire.
  • Ce changement de comportement pourrait accroître la propagation de maladies transmises par les moustiques, telles que la dengue, le Zika et la fièvre jaune.

Alors que la forêt atlantique brésilienne continue de se réduire sous l’effet des activités humaines, une nouvelle étude met en lumière un phénomène inquiétant : les moustiques locaux se nourrissent de plus en plus de sang humain. Des chercheurs de l’Université fédérale rurale de Rio de Janeiro et de l’Instituto Oswaldo Cruz ont analysé le régime alimentaire de neuf espèces de moustiques femelles dans cette région, autrefois une forêt intacte, mais aujourd’hui réduite à environ un tiers de sa superficie originelle.

L’équipe de recherche a capturé 1 714 moustiques à l’aide de pièges lumineux sur deux jours consécutifs. Sur ces derniers, 145 étaient gorgés de sang, dont l’ADN a été séquencé pour identifier la source du repas. Les résultats sont sans appel : sur les 24 repas analysés, 18 provenaient d’humains, tandis que les autres étaient issus d’un amphibien, de six oiseaux, d’un chien et d’une souris. Certains moustiques avaient même consommé du sang provenant de plusieurs sources différentes.

Selon Sergio Machado, microbiologiste et auteur de l’étude, cette préférence pour le sang humain s’explique par la diminution des sources de nourriture naturelles disponibles pour les moustiques.

« Avec moins d’options naturelles disponibles, les moustiques sont obligés de rechercher de nouvelles sources de sang alternatives. Ils finissent par se nourrir davantage d’humains par commodité, car nous sommes l’hôte le plus répandu dans ces zones. »

Sergio Machado, microbiologiste

Les moustiques sont connus pour leur capacité d’adaptation, ce qui rend cette situation particulièrement préoccupante. Avec plus de 700 000 décès chaque année dans le monde en raison de maladies transmises par les moustiques, comprendre leur régime alimentaire est crucial pour mettre en place des stratégies de lutte efficaces. Les chercheurs soulignent que la déforestation continue de la forêt atlantique pourrait aggraver le problème, car la perte de végétation indigène est associée à une augmentation de la transmission des agents pathogènes responsables de la dengue, du Zika, du Chikungunya et de la fièvre jaune.

En d’autres termes, la réduction de la biodiversité conduit les moustiques à privilégier les humains comme source de nourriture, augmentant ainsi le risque de propagation de maladies. Les auteurs de l’étude recommandent d’intégrer ces préférences alimentaires dans les stratégies de lutte contre les moustiques, afin de mieux cibler les efforts de prévention et de contrôle.

Pour en savoir plus sur les liens entre maladies et recherche scientifique, vous pouvez consulter cet article.

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Cet article a été initialement publié sur Nautilus.

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