Alphabet est sur le point de perdre plus de 500 milliards de dollars de capitalisation boursière ce jeudi, après que la société mère de Google a publié des résultats trimestriels inférieurs aux attentes. Cette chute, exacerbée par des coûts liés à l’intelligence artificielle en forte hausse, pèse sur l’ensemble du secteur technologique au Nasdaq.
| Indice boursier | Variation (en %) |
|---|---|
| Nasdaq | -1,64 |
| S&P 500 | -0,51 |
| Dow Jones | -0,31 |
Une réaction boursière historique pour Alphabet
L’action Alphabet a subi un plongeon dépassant les 13 % lors des premiers échanges de jeudi, marquant potentiellement sa pire performance post-résultats depuis son introduction en bourse en 2004, selon les données de CNBC. Cette dépréciation massive, qui efface plus de 500 milliards de dollars de valeur marchande selon Reuters, reflète l’inquiétude grandissante des investisseurs face à la stratégie de dépenses de l’entreprise.
Alors que le chiffre d’affaires du troisième trimestre a atteint 127,6 milliards de dollars, une hausse de 25 % sur un an, ce résultat est resté légèrement en deçà des prévisions des analystes. Plus préoccupant pour les marchés, la société a enregistré un flux de trésorerie disponible négatif de 9,1 milliards de dollars, son deuxième trimestre consécutif dans le rouge, une situation inédite pour une entreprise historiquement connue pour sa forte génération de liquidités.
Le dilemme de l’intelligence artificielle et de la publicité
Les investisseurs scrutent désormais la rentabilité réelle des investissements colossaux consentis dans l’infrastructure de l’IA. Si les revenus de Google Cloud ont bondi de 103 % pour atteindre 30,7 milliards de dollars, cette performance n’a pas suffi à compenser un manque à gagner de 1,4 milliard de dollars dans le secteur de la publicité.
Philipp Schindler, directeur commercial d’Alphabet, a attribué ce ralentissement de la croissance publicitaire à une monétisation moindre au sein de l’interface AI Mode
. Cette incertitude stratégique place Alphabet dans une position délicate face à la concurrence. Le problème pour Google est qu’il fait face au dilemme de l’innovateur et ne sait pas s’il doit protéger son cœur de métier ou chercher à rejoindre la perturbation, a analysé Ben Barringer, responsable de la recherche technologique chez Quilter Cheviot, via CNBC.
Dépenses en capital : des perspectives à 300 milliards pour 2027
La pression sur les finances d’Alphabet ne devrait pas s’atténuer à court terme. La directrice financière Anat Ashkenazi a confirmé que l’entreprise prévoit d’accroître significativement ses dépenses d’investissement en 2027, les projections passant de 195-205 milliards de dollars cette année à 300 milliards de dollars l’an prochain, selon Fortune.
Ce contraste est frappant avec Microsoft, qui a également publié ses résultats cette semaine. Microsoft construit son architecture de manière mesurée et, à ce titre, contient moins de surprises, note Ben Barringer. Contrairement à Alphabet, Microsoft conserve un flux de trésorerie disponible positif de 18,6 milliards de dollars pour le trimestre, utilisant ses revenus d’exploitation pour financer son expansion, tandis qu’Alphabet a eu recours à l’émission de dettes et à des ventes d’actions pour soutenir ses ambitions dans l’IA.

Réactions des marchés mondiaux et indicateurs macroéconomiques
La déroute d’Alphabet a entraîné le Nasdaq dans une baisse de 1,64 %, alors que le Dow Jones et le S&P 500 ont également reculé. Cette méfiance envers les valeurs technologiques intervient dans un climat macroéconomique tendu, marqué par une inflation américaine de 3,6 % en septembre et une croissance du PIB de 3,4 %, des chiffres supérieurs aux attentes qui compliquent la tâche de la Réserve fédérale.
Tandis que les marchés européens ont affiché des gains plus robustes, portés par les résultats des géants pétroliers comme Shell et TotalEnergies, les investisseurs américains restent focalisés sur les prochaines publications technologiques. Les résultats d’Amazon, attendus après la clôture, constitueront le prochain test majeur pour déterminer si le marché continue de valoriser la croissance liée à l’IA ou s’il exige, désormais, une preuve tangible de rentabilité financière.