Un manque à gagner de près d’un milliard de dollars frappe les coffres québécois à la suite de la mégadéduction fiscale fédérale pour les entreprises annoncée par Ottawa en septembre 2026, un coût qualifié de maux de tête majeurs par le nouveau ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau.
La facture d’un milliard dévoilée par Nicolas Marceau
Questionné sur la santé des finances publiques et sur le taux directeur établi à 2,5 % par la Banque centrale du Canada, le ministre des Finances Nicolas Marceau a rapidement recentré les inquiétudes sur la politique fédérale.
Ce qui cause des maux de tête au ministre, c’est la mégadéduction du fédéral qui représente des sommes considérables selon ses déclarations de mercredi midi. Cette mesure se traduit par un manque à gagner estimé à environ un milliard de dollars pour les coffres de l’État québécois, une contrainte que le nouveau titulaire qualifie d’imprévue.
Ottawa élargit les critères d’investissement
L’origine de cette tension fiscale remonte au Sommet canadien de l’investissement de septembre. Le premier ministre canadien Mark Carney y avait présenté cette mégadéduction accordée aux entreprises pour stimuler les investissements privés à travers le pays.
Une première mouture de cette incitation fiscale avait fait l’objet d’une annonce en 2025. La nouvelle version d’Ottawa va toutefois beaucoup plus loin. Elle élargit de 15 à 65 % la part des actifs visés par les investissements qui se qualifient pour ces avantages fiscaux accrus.
Les répercussions du taux directeur sur le budget
Alors que la Banque centrale du Canada a fait passer son taux directeur de 2,25 à 2,5 %, le ministre Marceau a exprimé le souhait que cette hausse permette de juguler l’inflation.
Ce frein monétaire comporte toutefois des risques tangibles pour l’économie réelle. Ce n’est pas sans coût pour l’économie
, a souligné le ministre, précisant que cette trajectoire peut ralentir la croissance économique dans le contexte actuel.
Interrogé sur l’héritage budgétaire laissé par la Coalition Avenir Québec (CAQ), M. Marceau a répondu laconiquement que ce n’est jamais parfait
, tout en réitérant que le véritable point de friction demeure la politique fédérale.
Le déficit du Québec s’établissait à 7,2 milliards de dollars en juin selon le dernier rapport financier gouvernemental.
Le ministère des Finances s’affaire à préparer la mise à jour économique de l’automne. L’an dernier, cet exercice avait eu lieu à la fin du mois de novembre. Le Parti Québécois s’est fixé comme objectif de rétablir l’équilibre budgétaire entre 2028 et 2029, en misant notamment sur une hausse des transferts fédéraux et des compressions dans la masse salariale de l’État, alors que la date précise de la prochaine mise à jour économique n’est pas encore fixée.