Publié le 4 janvier 2026 16h18. Des chercheurs américains ont mis en évidence la capacité du cerveau à se réparer après avoir été touché par la maladie d’Alzheimer, ouvrant de nouvelles perspectives thérapeutiques et un regain d’espoir pour les patients.
- Une étude menée sur des modèles animaux et des cerveaux humains suggère que la maladie d’Alzheimer pourrait ne pas être aussi irréversible qu’on le pensait.
- La restauration des niveaux de NAD+, une molécule énergétique essentielle, a permis de corriger les changements pathologiques observés dans le cerveau des souris atteintes de la maladie.
- Bien que prometteurs, ces résultats nécessitent des études cliniques approfondies pour confirmer leur applicabilité chez l’homme.
Longtemps considérée comme une maladie incurable, la maladie d’Alzheimer a traditionnellement orienté les recherches vers la prévention et le ralentissement de sa progression. L’idée que les dommages cérébraux étaient définitifs semblait ancrée. Cependant, une équipe de l’hôpital universitaire de Cleveland, aux États-Unis, a remis en question cette perception en explorant la possibilité d’une véritable guérison, même à un stade avancé de la maladie.
Les découvertes de cette équipe suscitent un vif intérêt dans la communauté scientifique. L’étude, publiée dans la revue Cell Reports Medicine, s’est concentrée sur le rôle crucial de la nicotinamide adénine dinucléotide (NAD+), une molécule essentielle au métabolisme énergétique cellulaire. Les chercheurs ont constaté que les niveaux de NAD+ étaient significativement réduits dans le cerveau des patients atteints d’Alzheimer, bien plus que chez les individus sains.
Pour mener à bien leurs recherches, les scientifiques ont utilisé des souris génétiquement modifiées pour exprimer les mutations responsables de la maladie d’Alzheimer chez l’homme, en parallèle avec l’étude de cerveaux humains affectés par la maladie. Ils ont ensuite administré aux souris un composé appelé P7C3-A20, développé dans leur laboratoire, capable de restaurer les niveaux de NAD+. Les résultats ont été frappants : non seulement le traitement a permis de prévenir le développement de la maladie chez les souris à risque, mais il a également favorisé la correction des anomalies pathologiques déjà présentes dans le cerveau.
Ces résultats positifs ont été reproduits sur deux modèles de souris différents, renforçant la crédibilité de l’étude. Andrew P. Pieper, responsable de la recherche, se montre enthousiaste :
« Nous sommes très enthousiasmés par nos résultats. C’est encourageant. »
Andrew P. Pieper, responsable de la recherche
Pour Pieper, l’étude apporte surtout un message d’espoir. Il souligne que les effets de la maladie d’Alzheimer ne sont pas nécessairement irréversibles :
« La conclusion la plus importante est un message d’espoir. Après tout, les effets de la maladie d’Alzheimer ne sont pas nécessairement permanents. Le cerveau endommagé peut, sous certaines conditions, se réparer et retrouver une partie de ses fonctions. »
Andrew P. Pieper, responsable de la recherche
Cependant, les chercheurs insistent sur le fait que ces résultats, bien que prometteurs, ne garantissent pas une efficacité similaire chez l’homme. Des études cliniques rigoureuses sont désormais nécessaires pour déterminer si cette approche thérapeutique peut être transposée avec succès à l’espèce humaine. Pieper conclut :
« Cette approche thérapeutique de la guérison doit être transférée à des études cliniques soigneusement conçues sur l’homme afin de déterminer si l’effet observé dans les modèles animaux s’applique également à eux. »
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