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Améliorer les mécanismes financiers pour la conservation des forêts primaires – Histoire

Publié le 22 octobre 2025 19:57:00. La conservation des forêts primaires, ces écosystèmes cruciaux pour la biodiversité et la lutte contre le changement climatique, peine à trouver sa place au cœur des politiques internationales, malgré une perte alarmante…

Améliorer les mécanismes financiers pour la conservation des forêts primaires – Histoire

Publié le 22 octobre 2025 19:57:00. La conservation des forêts primaires, ces écosystèmes cruciaux pour la biodiversité et la lutte contre le changement climatique, peine à trouver sa place au cœur des politiques internationales, malgré une perte alarmante de ces forêts à travers le monde.

  • Entre 1990 et 2020, les régions tropicales ont perdu 83 millions d’hectares de forêt primaire.
  • Les forêts primaires, qui représentent environ un tiers de la couverture forestière mondiale restante, sont des puits de carbone essentiels et abritent une biodiversité exceptionnelle.
  • Des initiatives nationales et internationales se multiplient pour renforcer la protection de ces écosystèmes, mais un manque de cohérence politique et de financement adéquat persiste.

Les forêts primaires, ces écosystèmes forestiers complexes et intacts, sont bien plus que de simples étendues boisées. Elles constituent des réservoirs de biodiversité inestimables, jouent un rôle majeur dans la régulation du climat en agissant comme d’importants puits de carbone, et fournissent des services écosystémiques essentiels à la survie de l’humanité. Leur préservation est donc fondamentale pour atteindre les objectifs fixés par des conventions internationales majeures, telles que la Convention sur la diversité biologique (CDB), la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), ainsi que plusieurs Objectifs de développement durable (ODD).

Pourtant, ces écosystèmes vitaux sont menacés. Entre 1990 et 2020, les régions tropicales ont vu disparaître 83 millions d’hectares de forêt primaire, tandis que les régions boréales ont perdu 50 millions d’hectares de forêts intactes entre 2001 et 2024. Ces chiffres alarmants soulignent l’urgence d’agir. Les plus grandes étendues de forêts primaires se concentrent aujourd’hui en Amazonie, dans les régions boréales de l’hémisphère nord, dans le bassin du Congo et en Asie du Sud-Est, avec des vestiges plus petits dispersés à travers le monde.

Malgré une attention croissante portée à la déforestation, les forêts primaires ne bénéficient pas de la priorité qu’elles méritent dans les agendas politiques mondiaux. Ce manque de reconnaissance se traduit par un financement insuffisant et une intégration limitée de leur protection dans les stratégies globales de gestion forestière. Il est donc crucial d’améliorer la cohérence des politiques et de mettre en place des mécanismes financiers efficaces pour renforcer la conservation de ces écosystèmes d’importance mondiale.

La question des forêts primaires a été au cœur d’une session du Congrès mondial de la nature de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), animée par Chetan Kumar, responsable mondial de l’équipe Forêts et prairies de l’UICN. L’événement a été marqué par l’intervention de SE Hambardzum Matevosyan, Ministre de l’Environnement de l’Arménie, qui a souligné le rôle de son pays dans l’organisation de la 17e Conférence des Parties (COP17) à la CDB, prévue en 2026.

« Reconnaissant la valeur unique des forêts primaires, en particulier en tant qu’habitat de la biodiversité endémique et menacée, l’Arménie s’engage à renforcer la conservation et le financement de la biodiversité, tant en Arménie qu’au-delà. »

SE Hambardzum Matevosyan, Ministre de l’Environnement de l’Arménie

Carlos Manuel Rodríguez, PDG et président du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) a également insisté sur la nécessité d’améliorer les mécanismes financiers et de renforcer les capacités des gouvernements.

« Le défi consistant à atteindre plusieurs objectifs d’ici 2030 liés au développement durable, à la nature, au climat et aux terres nécessite un alignement entre l’ambition mondiale et la mise en œuvre nationale. Un soutien accru est nécessaire pour que les pays s’engagent sur la voie d’une cohérence politique, dans laquelle les ministères sectoriels, les finances et les dirigeants travaillent ensemble pour obtenir des résultats durables pour les populations et la nature. »

Carlos Manuel Rodríguez, PDG et président du Fonds pour l’environnement mondial (FEM)

Plusieurs pays ont présenté leurs initiatives nationales. Prof. Dr Satyawan Pudyatmoko, directeur général des ressources naturelles et de la conservation des écosystèmes au ministère indonésien des Forêts, a mis en avant l’engagement de l’Indonésie et le lancement du Fonds indonésien pour la biodiversité (IBioFund), une plateforme de financement mixte visant à mobiliser des ressources pour la conservation. Luis Hilton Guardado, directeur adjoint de l’Institut national des forêts (INAB) du Guatemala, a quant à lui souligné l’efficacité des programmes d’incitation forestière PINFOR, PINPEP et PROBOSQUE, qui ont bénéficié à plus de 260 000 familles et permis de protéger 760 000 hectares, grâce à un investissement d’environ 900 millions de dollars.

Juliette Biao, Directrice du Secrétariat du Forum des Nations Unies sur les forêts (FNUF) a appelé à un leadership politique plus fort en matière de conservation des forêts primaires.

« La protection et la conservation des forêts primaires nécessitent un leadership plus politique au niveau des chefs d’État. Le passage d’une volonté politique à une rigueur politique devrait avoir lieu maintenant. »

Juliette Biao, Directrice du Secrétariat du Forum des Nations Unies sur les forêts (FNUF)

Les participants ont également souligné l’importance d’adopter des approches interdisciplinaires, d’impliquer les peuples autochtones et les communautés locales, et d’utiliser les nouvelles technologies de surveillance et de cartographie pour améliorer la conservation. Brendan Mackey, directeur du Griffith Climate Action Beacon à l’Université Griffith, a notamment mis en avant la disponibilité de données spatiales de haute qualité pour identifier les zones de dégradation forestière. Cyril Kormos, fondateur et directeur exécutif de Wild Heritage, a rappelé l’urgence d’agir, soulignant que les forêts primaires offrent des avantages incomparables en termes de biodiversité, d’atténuation du changement climatique et de services écosystémiques.

L’événement s’est conclu par les remarques de Stewart Maginnis, directeur général adjoint de l’UICN, qui a réaffirmé l’engagement continu de l’organisation en faveur de la conservation des forêts primaires, en citant des exemples d’initiatives menées en Amazonie, au Congo, en Indo-Malaisie et en Mésoamérique. L’UICN s’appuie également sur ses résolutions existantes, notamment la résolution 45 sur la protection des forêts primaires, la résolution 127 sur la protection des forêts primaires et anciennes en Europe, et la motion 015 adoptée lors du Congrès mondial de la nature de 2025.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.