Home SantéAnalyse ODYSSEY OUTCOMES : des niveaux élevés d’OxPL-apoB prédisent le MACE mais l’alirocumab atténue le risque

Analyse ODYSSEY OUTCOMES : des niveaux élevés d’OxPL-apoB prédisent le MACE mais l’alirocumab atténue le risque

by Sophie Martin

Publié le 1er décembre 2023. Une nouvelle analyse d’une vaste étude clinique révèle que l’alirocumab, un médicament inhibant la PCSK9, pourrait réduire significativement le risque cardiovasculaire chez les patients ayant subi un syndrome coronarien aigu, même en présence de niveaux élevés de phospholipides oxydés sur l’apolipoprotéine B-100 (OxPL-apoB).

  • L’alirocumab atténue le risque cardiovasculaire associé à des taux élevés d’OxPL-apoB, particulièrement chez les patients présentant des niveaux normaux de lipoprotéine(a) [Lp(a)].
  • L’étude ODYSSEY OUTCOMES, menée sur plus de 11 600 patients, a permis d’identifier cette interaction entre les biomarqueurs et le traitement.
  • Les taux d’OxPL-apoB et de Lp(a) ont été mesurés avant et après quatre mois de traitement, révélant des réductions significatives avec l’alirocumab.

Des taux élevés de phospholipides oxydés sur l’apolipoprotéine B-100 (OxPL-apoB) sont connus pour prédire un risque accru d’événements cardiovasculaires majeurs (MACE) chez les patients ayant récemment subi un syndrome coronarien aigu (SCA), même lorsqu’ils reçoivent un traitement optimal à base de statines. Cependant, les résultats d’une analyse post hoc de l’essai ODYSSEY OUTCOMES, publiés dans la revue Circulation, suggèrent que l’alirocumab, un inhibiteur de PCSK9, peut considérablement atténuer ce risque.

L’essai ODYSSEY OUTCOMES a suivi 11 630 patients, dont 5 804 ont reçu de l’alirocumab et 5 826 un placebo. Les taux d’OxPL-apoB et de Lp(a) ont été mesurés chez tous les participants avant le début du traitement, et chez 5 185 d’entre eux (2 589 sous alirocumab et 2 596 sous placebo) quatre mois après la randomisation. La population étudiée avait un âge médian de 58 ans, et 24 % des participants étaient des femmes.

L’analyse, menée par le Dr. Sotirios Tsimikas et ses collègues, a examiné les liens entre les taux d’OxPL-apoB et de Lp(a) et l’apparition de MACE, ainsi que l’influence du traitement par alirocumab sur ces associations. Le critère principal d’évaluation était le temps écoulé avant la survenue d’un MACE, défini comme un décès d’origine coronarienne, un infarctus du myocarde non fatal, un accident vasculaire cérébral ischémique (fatal ou non) ou un angor instable nécessitant une hospitalisation.

Les résultats ont démontré que l’alirocumab réduisait significativement les taux d’OxPL-apoB (de 13,0 % par rapport au placebo) et de Lp(a) (de 26,2 % par rapport au placebo) (p < 0,0001 dans les deux cas). Dans le groupe placebo, une augmentation des taux d'OxPL-apoB était associée à un risque relatif de 1,081 (p = 0,0034) de MACE. Cependant, cette association disparaissait lorsque la Lp(a) était prise en compte dans le modèle statistique. De plus, ni l'OxPL-apoB ni la Lp(a) ne restaient significativement liés à l'apparition de MACE chez les patients traités par alirocumab.

Une interaction significative a été observée entre les taux d’OxPL-apoB, les niveaux de Lp(a) (classés selon leur médiane) et le traitement reçu (p pour l’interaction = 0,0023). Dans le groupe placebo, une augmentation de l’OxPL-apoB était associée à un risque accru de MACE uniquement chez les patients présentant des taux de Lp(a) inférieurs à la médiane. De manière notable, l’OxPL-apoB n’était plus prédictif du risque de MACE chez les patients traités par alirocumab, quel que soit le niveau de Lp(a). Cela suggère que l’alirocumab neutralise le risque associé à des taux élevés d’OxPL-apoB.

« Cette analyse apporte de nouvelles perspectives sur l’interaction entre l’OxPL-apoB et la Lp(a) en tant que biomarqueurs du risque cardiovasculaire »

Sotirios Tsimikas, MD, FACC et collègues

Les chercheurs concluent que, dans le contexte d’un traitement par statines optimisé après un syndrome coronarien aigu, l’OxPL-apoB pourrait fournir des informations pronostiques supplémentaires chez les patients présentant des taux de Lp(a) dans la plage normale. Lien vers l’étude originale dans Circulation.

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