Anthropic a discrètement mis en service un laboratoire de biologie automatisé dans la région de la baie de San Francisco et affirme que son modèle Claude a permis de découvrir un système biologique semblable à CRISPR.
L’entreprise spécialisée en intelligence artificielle exploite actuellement ce « wet lab » robotisé quelque part dans la région de la baie de San Francisco, aux États-Unis. Ce projet, mené dans la discrétion, vise à renforcer la capacité de l’intelligence artificielle à piloter des assistants robotiques pour mener des expériences scientifiques avec une intervention humaine minimale.
Les ambitions d’Anthropic en biotechnologie et recherche pharmaceutique
La direction d’Anthropic envisage de mettre ces technologies au service du développement de médicaments, bien que le laboratoire s’arrête juste avant les essais cliniques pour éviter toute concurrence directe avec les géants de l’industrie pharmaceutique. Eric Kauderer-Abrams, responsable des sciences de la vie au sein de l’entreprise, a confirmé l’existence de la structure à la presse en expliquant la vision de son équipe.
« We believe that to do biology, the final test is still and will be for a while in real lab work, We absolutely are doing that today. »
Eric Kauderer-Abrams, responsable des sciences de la vie chez Anthropic
L’entreprise qualifie cette démarche d’étape préliminaire. Selon Kauderer-Abrams, l’utilisation de l’intelligence artificielle pour automatiser l’exécution des travaux de laboratoire en est encore à ses tout premiers débuts, bien que le potentiel d’accélération de nombreux processus soit important.
Une première découverte biologique attribuée au modèle Claude
Quelques jours après l’officialisation de ce groupe de recherche en sciences de la vie, Anthropic a annoncé que son modèle Claude a identifié un système biologique doté de caractéristiques rappelant la technologie d’édition génétique CRISPR. La méthode a consisté à interroger une base massive de données de séquences ADN pour y rechercher des transcriptases inverses inédites, des enzymes utilisées par certaines bactéries dans le cadre de leurs systèmes immunitaires.

Environ 950 agents d’intelligence artificielle ont fonctionné pendant 21 heures pour trier les informations. Sur plus de 200 000 transcriptases inverses collectées, 3 500 ont été retenues comme de nouveaux systèmes candidats, avant d’être réduites aux 20 options les plus prometteuses. C’est au cours de ces analyses qu’un agent a repéré une structure de répétitions en tandem à côté d’un gène particulier, suggérant la présence d’un dispositif comparable à un réseau de répétitions CRISPR.
Évaluation par des experts et perspectives pour la recherche
Baptisé provisoirement « array-associated reverse transcriptases » (ART), le système identifié se compose d’une transcriptase inverse, d’un gène partenaire et d’un long réseau de répétitions régulièrement espacées. Les analyses préliminaires indiquent que ce réseau produit des ARN courts distincts, suggérant un mécanisme de guidage similaire à celui observé dans les techniques de modification génétique.
Les analyses de ce système sont en cours, et aucune évaluation par des experts extérieurs n’est mentionnée dans les sources fournies.