SpaceX prépare le premier vol orbital de sa fusée Starship, ciblant un lancement le 28 septembre depuis le Texas. Cette mission historique vise à transporter vingt-six satellites Starlink V3 en orbite terrestre basse, marquant une étape décisive vers la réutilisabilité rapide du lanceur géant et le déploiement de la nouvelle constellation.
Le secteur spatial s’apprête à vivre un tournant technologique majeur. SpaceX a franchi une étape cruciale en menant à bien une répétition générale de remplissage, connue sous le nom de wet dress rehearsal (WDR), sur son site de Starbase dans le sud du Texas. Cette manœuvre, qui consiste à charger les réservoirs du véhicule sans allumer les moteurs, permet aux équipes de simuler l’intégralité de la chronologie du compte à rebours.
Avec cet essai validé, le vol numéro 14 de Starship maintient son cap pour un décollage dès le lundi 28 septembre. La fenêtre de tir s’ouvrira à 8 h 15 EDT, soit 14 h 15 heure de Paris, et restera ouverte pendant 75 minutes, sous réserve des approbations réglementaires de la Federal Aviation Administration.
Assemblage à Starbase et défis techniques de l’étage Super Heavy
L’assemblage du véhicule s’est achevé sur le pas de tir Pad 2 de Starbase. L’étage supérieur, baptisé Ship 41 ou S41, a quitté la zone de production pour être hissé par les bras mécaniques de la tour de lancement et positionné au sommet du superbe booster Super Heavy désigné B21.
Ce quatorzième vol intervient après treize missions d’essai qui ont toutes suivi des trajectoires suborbitales depuis le premier vol d’avril 2023. Pour cette nouvelle tentative, les ingénieurs cherchent à surmonter les difficultés rencontrées lors du vol précédent, où des problèmes de givrage dans les moteurs centraux avaient perturbé la manœuvre de freinage de l’accélérateur.
Pour éviter pareille déconvenue, la société a introduit des modifications matérielles et logicielles notables. Le booster Super Heavy tentera ensuite un amerrissage contrôlé dans le golfe du Mexique.
Objectif orbital et déploiement des satellites Starlink V3
La mission ne se limite pas à atteindre l’orbite. Une fois séparé du premier étage, le vaisseau Ship 41 déclenchera ses moteurs pendant environ dix-neuf secondes pour atteindre la vitesse orbitale, marquant une première historique pour le programme.

Le PDG Elon Musk a souligné l’importance de cette échéance sur les réseaux sociaux.
Contrairement aux charges utiles fictives des essais précédents, les vingt-six satellites embarqués sont des modèles opérationnels de nouvelle génération. Ils s’intégreront directement dans la constellation pour accroître la capacité globale du réseau. La mission durera environ dix heures, au terme desquelles le vaisseau entamera sa rentrée atmosphérique pour un amerrissage planifié dans l’océan Pacifique, au large des côtes chiliennes.
Évolutions du bouclier thermique et perspectives futures
La récupération intacte du corps supérieur lors du vol précédent, qui est resté à flot dans l’océan Indien avant d’être récupéré après vingt-quatre jours, a fourni des données précieuses aux équipes d’ingénierie. Cette analyse a permis d’optimiser la protection thermique du véhicule.

L’appareil profitera ainsi de plusieurs innovations sur son bouclier, parmi lesquelles des mécanismes de retenue supplémentaires sur les tuiles situées dans les zones les plus exposées, des corrections pour éliminer les flux de plasma en arrière-plan, et l’intégration de tuiles incurvées.
En parallèle, l’entreprise poursuit ses préparatifs pour les échéances à venir, notamment le programme Artemis de la NASA, qui prévoit l’utilisation du lanceur pour les missions lunaires habitées d’ici la fin de la décennie.