Publié le 2025-12-12 16:21:00. Une nouvelle sous-variante de la grippe A (H3N2), baptisée K, se propage rapidement en Espagne, mais les experts de la Société espagnole de médecine familiale et communautaire (semFYC) rassurent : sa gravité ne semble pas accrue. Ils appellent toutefois à renforcer les mesures de prévention et à une utilisation raisonnée des services de santé.
- La sous-clade K de la grippe A (H3N2) présente des modifications génétiques qui la rendent plus difficile à détecter par le système immunitaire.
- Les experts de la semFYC ne relèvent pas d’augmentation de la gravité des cas, des hospitalisations ou des complications liés à cette nouvelle variante.
- Le pic épidémique pourrait survenir durant la dernière semaine de l’année, potentiellement exacerbé par le froid et les fêtes de fin d’année.
La Société espagnole de médecine familiale et communautaire (semFYC) suit de près l’évolution de la sous-clade K du virus de la grippe A (H3N2), qui suscite une inquiétude croissante en raison de sa propagation accélérée sur le territoire espagnol. Selon le Dr José María Molero, porte-parole du Groupe de travail sur les maladies infectieuses de l’organisation, cette variante possède des caractéristiques spécifiques qui la rendent plus insidieuse.
« La sous-clade K présente des modifications génétiques spécifiques de l’hémagglutinine qui la rendent plus difficile à détecter par notre système immunitaire »,
Dr José María Molero, porte-parole du Groupe de travail sur les maladies infectieuses de la semFYC
Malgré cette plus grande contagiosité, les experts insistent sur le fait que cette nouvelle souche ne semble pas plus dangereuse que les précédentes. Le Dr Molero précise :
« Il n’a pas été démontré qu’il s’agit d’un virus plus grave ou qu’il produit plus de cas d’hospitalisations ou de complications. »
Dr José María Molero, porte-parole du Groupe de travail sur les maladies infectieuses de la semFYC
Cependant, il souligne qu’une plus grande transmissibilité peut entraîner une augmentation du nombre de personnes vulnérables infectées, et par conséquent, un plus grand nombre de complications potentielles.
Concernant l’évolution de l’épidémie, le Dr Molero estime que le pic pourrait être atteint durant la dernière semaine de l’année, bien que le froid et les rassemblements des fêtes de Noël pourraient l’avancer légèrement. Il tempère toutefois en prévenant que le déclin pourrait être plus lent que la montée en charge, en raison de la circulation simultanée d’autres virus grippaux.
La semFYC tire également la sonnette d’alarme concernant l’utilisation des services de santé, qu’elle juge parfois non responsable. Elle rappelle que la consultation médicale est justifiée en cas de difficultés respiratoires, de fièvre persistante (supérieure à 38,5 °C) pendant plus de trois ou quatre jours, d’une aggravation soudaine de l’état général, de douleurs thoraciques constantes ou de troubles digestifs sévères empêchant l’hydratation.
Les personnes les plus vulnérables – personnes âgées (à partir de 60-65 ans), jeunes enfants, femmes enceintes, personnes atteintes de maladies chroniques (cardiaques, respiratoires, métaboliques, rénales, hépatiques, neurologiques), personnes immunodéprimées ou dépendantes – sont particulièrement invitées à être attentives à ces symptômes et à consulter leur médecin traitant en cas de doute.
L’augmentation du nombre de cas se fait déjà sentir dans les centres de santé, avec une fréquentation accrue. L’impact sur les hôpitaux se fait généralement ressentir avec un décalage d’environ deux semaines, mais pour l’instant, les taux d’hospitalisation restent stables par rapport aux années précédentes.
Le Dr Molero rappelle que la grippe ne dispose pas de traitement curatif spécifique, et que les recommandations actuelles consistent en repos, hydratation, prise d’antalgiques et mesures de prévention, notamment le port du masque et l’évitement des contacts rapprochés pendant les premiers jours de la maladie.
Concernant l’efficacité du vaccin contre la sous-clade K, le médecin souligne que la protection reste efficace contre les formes graves de la maladie.
« Même s’il n’est peut-être pas bien reconnu, une fois infecté, le vaccin a un certain contrôle sur le développement de complications. »
Dr José María Molero, porte-parole du Groupe de travail sur les maladies infectieuses de la semFYC
Le vaccin actuel contient au moins une souche H3N2 identique à celle du virus A et un tiers du virus B. En 2023, la souche A(H3N2) Wisconsin/129/2023 a été intégrée en raison des changements antigéniques déjà observés, et ces changements correspondent aux caractéristiques de la sous-clade K observée en 2025. Le Dr Molero insiste sur le fait que la souche sélectionnée couvre des variantes présentant une certaine résistance immunitaire, tout en conservant une similitude avec la sous-clade K actuelle.
Il conclut que le vaccin est désormais mieux adapté aux mutations actuelles, bien que son efficacité dépende de sa correspondance avec les virus en circulation. Il rappelle également que la vaccination protège également contre le H1N1 et le virus B.
Il est essentiel de maintenir les gestes barrières habituels pour se protéger contre les infections respiratoires : port du masque en cas de symptômes, lavage fréquent des mains, hygiène des surfaces et évitement des contacts étroits avec les personnes malades.

Auteur : Igor Vetushko
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Auteur/a: HayDmitriy
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