Publié le 14 octobre 2025 à 02h40. Un accord négocié sous l’égide des États-Unis a permis lundi la libération d’otages israéliens et de prisonniers palestiniens, ouvrant une brèche fragile dans le conflit qui ravage la bande de Gaza depuis deux ans.
- Israël et le Hamas ont procédé à un premier échange d’otages et de prisonniers, signe d’une possible désescalade.
- La libération de 20 otages israéliens vivants a suscité un immense soulagement, mais l’avenir de ceux portés disparus reste une source d’inquiétude.
- Des questions cruciales, notamment le désarmement du Hamas et la gouvernance future de Gaza, demeurent irrésolues.
Après plus de sept mois de combats acharnés, un premier pas vers la paix a été franchi lundi. Dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu négocié avec l’aide des États-Unis, Israël a libéré 39 prisonniers palestiniens en échange de 20 otages israéliens, pour la plupart des hommes, retenus par le Hamas dans la bande de Gaza. Quatre otages décédés ont également été restitués à leurs familles. Cet échange marque une première étape cruciale, mais ne résout en rien les profondes divisions qui alimentent le conflit.
La libération des otages vivants a provoqué une vague d’émotion en Israël. Des milliers de personnes se sont rassemblées pour accueillir leurs proches, retrouvant des êtres chers qu’elles croyaient perdus. Zvika Mor, par exemple, a déclaré avec émotion en voyant son fils Eitan :
« Tu es vivant ! Deux bras et deux jambes ! »
Zvika Mor, père d’un otage libéré
Des scènes poignantes se sont également déroulées, comme celle du père d’un autre otage, contraint de se lever de son fauteuil roulant pour embrasser son fils après deux ans de séparation. Le Hamas, contrairement aux précédentes libérations, n’a pas organisé de cérémonie publique et a permis aux familles d’avoir un premier contact visuel avec leurs proches via des appels vidéo avec des militants masqués.
Parallèlement, des foules enthousiastes ont accueilli les prisonniers palestiniens libérés à Beitunia, en Cisjordanie occupée, et à Khan Younis, à Gaza. Brandissant des drapeaux et scandant des slogans de victoire, ils ont célébré leur retour après des mois, voire des années, de détention. Mahmoud Fayez, libéré après avoir été arrêté lors d’un raid israélien sur l’hôpital Shifa, a exprimé sa gratitude :
« Louange à Dieu, notre Seigneur, qui nous a honorés de cette libération et de cette joie. »
Mahmoud Fayez, prisonnier palestinien libéré
Parmi les libérés figuraient 250 personnes condamnées à perpétuité pour des attaques contre des Israéliens, ainsi que 1 700 autres détenus capturés à Gaza pendant la guerre et détenus sans inculpation.
L’accord prévoit également une augmentation significative de l’aide humanitaire entrant dans la bande de Gaza, où la population civile est confrontée à une crise humanitaire sans précédent. Les bombardements israéliens ont dévasté l’enclave palestinienne, détruisant des infrastructures essentielles et plongeant l’économie dans le chaos. La question de la reconstruction de Gaza, dont le coût est estimé à plusieurs milliards de dollars, reste cependant sans réponse.
Le président américain Donald Trump s’est rendu dans la région pour saluer cet accord, qu’il considère comme une victoire de sa politique. S’adressant à la Knesset, le parlement israélien, il a exhorté les législateurs à saisir cette opportunité pour parvenir à une paix durable :
« Israël, avec notre aide, a gagné tout ce qu’il pouvait par la force des armes. Il est désormais temps de traduire ces victoires contre les terroristes sur le champ de bataille en récompense ultime de la paix et de la prospérité pour l’ensemble du Moyen-Orient. »
Donald Trump, président des États-Unis
Son discours a été brièvement interrompu par une manifestation de deux députés brandissant un panneau appelant à la reconnaissance de l’État palestinien.
Malgré l’optimisme affiché par les États-Unis, de nombreuses questions restent en suspens. Israël insiste sur la nécessité que le Hamas désarme et renonce à toute activité terroriste, tandis que le Hamas exige un retrait complet des troupes israéliennes de Gaza. L’avenir de la bande de Gaza, et notamment la question de sa gouvernance, demeure incertaine. Un plan américain envisage la mise en place d’une administration internationale supervisant des technocrates palestiniens, mais cette proposition se heurte à l’opposition du Hamas, qui souhaite que le gouvernement soit formé par des Palestiniens eux-mêmes. La possibilité d’un futur État palestinien, un sujet sensible pour le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, est également évoquée.
La guerre, déclenchée par l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, qui a fait 1 200 morts en Israël et entraîné la capture de 251 otages, a causé la mort de plus de 67 000 Palestiniens à Gaza, selon le ministère de la Santé de Gaza. Ce bilan, qui ne distingue pas les combattants des civils, est considéré comme fiable par l’ONU et de nombreux experts indépendants. Le conflit s’est également étendu à d’autres fronts, notamment au Liban, au Yémen et en Iran.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a averti que tout retard dans la restitution des corps des otages décédés serait considéré comme une violation du cessez-le-feu.
